La paire française Élisa Guilloton – Raphaël de Boussac est entrée dans l’histoire en remportant la première médaille de l’histoire de l’aviron de mer beach sprints aux Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.
Au bout d’une course à couper le souffle – au sens propre comme au figuré – en deux de couple mixte, le Varois s’est arraché pour offrir à la délégation française la médaille de bronze, première médaille des Bleus lors de ces JOJ de Dakar.
« C’est un truc de fou », ont-ils entonné à l’unisson, essoufflés mais avec le sourire aux lèvres, au micro d’Olympics.com après une course remportée pour 0,65 secondes contre l’Ukraine.
La fierté d’être entrés dans l’histoire de l’Olympisme était tout sauf feinte après cette performance exceptionnelle. « C’est une première historique et c’est un honneur que ce soit pour nous », s’enthousiasmait Raphaël de Boussac.
« On peut vraiment être contents », ajoutait Élisa Guilloton. « Je pense qu’on ne réalise pas encore. À chaud, on se dit que c’est cool et on passe à la suite. »
Au-delà de ses résultats, le duo, champion de France U19 en septembre dernier, savoure le fait de ne jamais partir favori mais de systématiquement déjouer les pronostics.
« L’an dernier on faisait une médaille de bronze aux championnats du monde en partant tout en bas de la liste », rappelait le porte-drapeau de la délégation française sur ces JOJ. « Personne ne nous connaissait. Cette année, personne ne croyait en nous mais on l’a fait, on a refait une médaille de bronze. Comme on dit, back-to-back ! »
Raphaël de Boussac célèbre la victoire de la France finale de bronze des JOJ Dakar 2026
Une adaptation payante
La journée avait, d’ailleurs, idéalement commencé pour lui, par une victoire décrochée avec 19 secondes d’avance sur le Grec Iason Mouselimis, qui avait porté la flamme des JOJ Dakar 2026 à Athènes début septembre et champion d’Europe U19 en titre, en huitièmes de finale du solo hommes. Si sa partenaire s’est inclinée contre Liu Lili, représentante de la République populaire de Chine, au même stade, ils n’ont pas tremblé en quarts de finale du deux de couple mixte contre l’Espagne.
Malgré cette embellie, ils n’ont ensuite rien pu faire contre l’équipage de République populaire de Chine, qui a décroché l’or quelques minutes plus tard. L’écart final sur cette demie pourrait laisser penser que les Bleus ont payé la fatigue accumulée, mais il n’en a rien été.
« La demi-finale, c’était aussi un choix, une stratégie de course. On n’était pas dans le meilleur plan au niveau des positions en partant dans la deuxième demi-finale », expliquait Raphaël de Boussac. « Qu’on gagne ou qu’on perde, on avait moins de récupération que ceux qui étaient dans la première demi-finale et quand on a vu qu’on était derrière les Chinois, on s’est dit : ‘Bon, on s’économise.’ »
La communion de Raphaël de Boussac et Élisa Guilloton après la médaille de bronze aux JOJ Dakar 2026
Dans la douleur
Choix avisé, puisqu’il a fallu enchaîner la finale pour le bronze contre l’Ukraine. Même si l’enchaînement des courses est propre à la discipline – « c’est ce qui fait la particularité du beach rowing » – l’environnement compliquait la tâche.
« Entre les courses, on n’avait pas beaucoup d’ergométrie à disposition donc on était obligé de marcher, de bouger le plus possible pour faire bouger les muscles et faire circuler le sang », relatait Raphaël de Boussac. « Là, c’était d’autant plus compliqué qu’on n’a pas l’habitude d’avoir des chaleurs intenses comme ça. Il fait lourd, il fait chaud, le soleil tape donc on doit rester à l’ombre. Ça rajoute une difficulté en plus. »
« Les courses étaient tellement proches que je sentais l’acide lactique, un peu des maux de ventre, des difficultés au niveau du souffle et des jambes », ajoutait sa coéquipière. « Du coup, j’ai essayé de marcher vraiment, de rester calme et de ne pas trop m’exciter car mes battements étaient déjà hauts. »