Home PolitiqueTAS renvoie Diomaye, Sonko et Al Aminou Lô dos à dos : « ils en savent trop les uns sur les autres »

TAS renvoie Diomaye, Sonko et Al Aminou Lô dos à dos : « ils en savent trop les uns sur les autres »

by Aicha Diop

Le député Thierno Alassane Sall accuse le chef de l’État, le Premier ministre et le président de l’Assemblée d’entretenir un « système de protection mutuelle », et demande pourquoi la justice n’est pas saisie sur la gestion de la Primature sous Ousmane Sonko. Il appelle les Sénégalais à exiger des comptes.

TAS renvoie Diomaye, Sonko et Al Aminou Lô dos à dos : « ils en savent trop les uns sur les autres »

Le leader de La République des valeurs renvoie dos à dos les deux camps qui s’affrontent au sommet de l’État. Dans une publication sur les réseaux sociaux, le député Thierno Alassane Sall a réagi lundi aux allusions du Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, qui a affirmé dimanche, lors de sa conférence de presse, avoir découvert des faits répréhensibles à la Primature sous la gestion de son prédécesseur, Ousmane Sonko, sans en préciser la nature. « Notre actuel Premier ministre déclare avoir découvert des actes inadmissibles commis à la Primature sous Ousmane Sonko, avant de choisir le silence. Pourquoi refuser de saisir la justice ? », s’interroge le parlementaire.

Thierno Alassane Sall étend sa critique au président de l’Assemblée nationale et au chef de l’État. « Un Premier ministre qui se tait, un président de l’Assemblée qui menace, un chef de l’État complice par son mutisme : ils en savent trop les uns sur les autres. Le Sénégal est pris en otage par un système où le chantage a remplacé la reddition des comptes », écrit-il.

Le député reproche aux responsables politiques de faire passer leurs rivalités avant les difficultés des ménages. « Kiiraay et Pastef se déchirent en public, mais se protègent en coulisse, alors que les Sénégalais peinent à joindre les deux bouts. Ceux qui nous dirigent aujourd’hui n’aiment pas le Sénégal, et ils croient pouvoir confisquer la République par leurs petits arrangements », accuse-t-il, avant de lancer un appel à la mobilisation citoyenne : « Préparons-nous : il appartiendra au peuple sénégalais de s’organiser et d’exiger les comptes qu’ils refusent de rendre. »

Les allusions du Premier ministre ont suscité d’autres réactions. Dès dimanche, le député de Pastef Amadou Ba l’a mis au défi de « mettre sur la table » tous les documents qu’il dit avoir trouvés sur la gestion d’Ousmane Sonko. Lundi, le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, a jugé la démarche du chef du Gouvernement peu transparente, estimant qu’on ne pouvait pas évoquer des actes hors norme sans en révéler la nature.

Ces échanges s’inscrivent dans la crise ouverte entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, limogé de la Primature le 22 mai puis élu à la tête de l’Assemblée nationale quatre jours plus tard. Thierno Alassane Sall avait déjà dénoncé, lors du report de l’examen du Code pétrolier, des querelles entre Pastef et Kiiraay qu’il jugeait préjudiciables au pays. La confrontation porte aujourd’hui sur la loi de finances rectificative 2026, rejetée vendredi en commission par la majorité Pastef. Le Premier ministre a dénoncé une « obstruction » et menacé de recourir à « tous les outils institutionnels » si le blocage persistait. Le texte doit être examiné en séance plénière mardi 27 octobre à 10 heures.

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