Le député de Pastef Amadou Ba a rejeté dimanche l’appel du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô à transformer le point de presse du parti en conférence de presse, estimant que le chef du Gouvernement devait plutôt « se concentrer sur l’essentiel ». La plénière sur la LFR reste fixée à mardi.
La passe d’armes autour du budget rectificatif s’est déplacée sur le terrain de la communication. Quelques minutes après la conférence de presse du Gouvernement, le député de Pastef Amadou Ba a pris la parole lors du point de presse de son parti, tenu dimanche à la Résidence Serigne Abass Sall, pour répondre directement au Premier ministre. À en croire l’élu, Ahmadou Al Aminou Lô devrait « se concentrer sur l’essentiel » au lieu de formuler de telles suggestions, une question qui, a-t-il estimé, « ne le concerne pas ».
Le chef du Gouvernement avait invité Pastef à ouvrir son micro aux journalistes. « Je voudrais les appeler solennellement à transformer leur point de presse en conférence de presse. Comme ça, ce ne sera pas à sens unique », avait-il déclaré, en rappelant que l’exécutif avait choisi de répondre aux questions de la presse.
Amadou Ba a aussi demandé au Premier ministre de cesser ses « menaces » et de rendre public tout dossier qu’il détiendrait contre Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et de Pastef. Le député a également dénoncé des propos du chef du Gouvernement laissant entendre, selon le parlementaire, que les élus de la majorité ne comprenaient pas le français.
Plus tôt, face à la presse aux côtés notamment du ministre de l’Économie, Cheikh Diba, et du ministre chargé du Budget, Bassirou Sarr, Ahmadou Al Aminou Lô avait accusé les députés de Pastef d’« obstruction » et les avait appelés à déposer des amendements écrits. « Ne punissez pas le peuple. Présentez vos amendements », avait-il lancé. Il avait évoqué le recours à des « outils institutionnels » si le blocage persistait, et rappelé que la loi de finances initiale avait été élaborée et défendue par Ousmane Sonko lorsqu’il dirigeait le Gouvernement. Le Premier ministre a justifié la rectification par la flambée du baril, passé au-dessus de 100 dollars, et dénoncé « un déferlement de gens qui disent n’importe quoi » sur le texte.
Le Gouvernement affirme avoir remis aux députés un dossier d’une trentaine de pages et répondu point par point aux cinq préoccupations formulées par Pastef. Il annonce la publication prochaine de la liste des projets financés. Vendredi, la majorité, qui détient 130 des 165 sièges, a rejeté en commission le projet de loi et deux amendements de l’exécutif. Samedi, le vice-président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, avait assimilé le texte à « un ajustement structurel ».
Le projet de loi porte le déficit à 7,6 % du PIB et fait passer les subventions énergétiques de 250 à 790,3 milliards de francs CFA. Il conditionne aussi le programme de 2,2 milliards de dollars négocié avec le Fonds monétaire international. Son examen en séance plénière est prévu mardi 27 octobre à 10 heures.