Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a annoncé le vendredi 16 octobre 2026 qu’il se retire définitivement des six commissions d’enquête parlementaire mises en place par l’Assemblée nationale. Les députés de l’opposition dénoncent un « cirque médiatique » et une « mascarade politique ».
L’opposition parlementaire claque la porte. Dans un communiqué publié ce vendredi à Dakar, le groupe Takku Wallu Sénégal a fait part de sa décision de quitter, de manière définitive, l’ensemble des six commissions d’enquête parlementaire installées par l’Assemblée nationale, au terme de la première semaine d’auditions
Les députés de l’opposition justifient ce retrait par le « spectacle affligeant et outrancier auquel le peuple sénégalais assiste depuis le début des auditions ». Conçues à l’origine comme une « procédure institutionnelle sérieuse et rigoureuse », ces commissions auraient été « transformées en un véritable cirque médiatique, guidé par la manipulation des masses », accuse le texte.
Le groupe parlementaire s’en prend directement à la mise en scène des travaux, qu’il impute à la majorité. « Takku Wallu motive son retrait par la théâtralisation des auditions, au détriment de la clarification des faits, et la transformation de l’Assemblée nationale en un plateau de télévision transmettant des scènes de mauvais goût », peut-on lire dans le communiqué.
Refusant de servir de caution à ce qu’il qualifie de « mascarade politique », le groupe dit ne pas vouloir apporter sa légitimité à des travaux transformés, selon lui, en « procès d’intention public ». Il rejette ce qu’il considère comme « des manœuvres de détournement au détriment de l’intérêt général et de la respectabilité des institutions ».
Ratifiées en août par l’Assemblée nationale, où le Pastef détient 130 des 165 sièges, les six commissions d’enquête parlementaire portent notamment sur le programme « Un étudiant, un ordinateur », les licences de pêche, les exonérations fiscales et le recours à des mécanismes financiers de type Total Return Swap. La retransmission en direct des auditions alimente depuis plusieurs semaines la controverse.
Ce retrait intervient alors que plusieurs anciens ministres, dont Cheikh Oumar Anne, Moussa Baldé et Abdoulaye Daouda Diallo, ont refusé de déférer aux convocations des commissions. À l’inverse, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur Daouda Ngom s’est présenté ce vendredi devant la commission chargée du dossier « Un étudiant, un ordinateur ».
Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, avait pour sa part défendu le dispositif à l’ouverture de la session, en soulignant qu’une commission d’enquête n’est pas un tribunal.
Takku Wallu Sénégal annonce désormais vouloir concentrer exclusivement son action sur « les préoccupations réelles des populations du Sénégal ».