Les sept candidats à la succession d’António Guterres au secrétariat général de l’ONU ont tous reçu au moins un avis négatif d’un membre permanent du Conseil de sécurité, lors d’un vote indicatif tenu à huis clos le vendredi 16 octobre à New York, selon l’AFP. L’ancien président sénégalais Macky Sall a recueilli 10 avis défavorables, dont trois de membres permanents.
Aucun prétendant n’est sorti indemne de ce nouveau tour de scrutin informel. D’après une source diplomatique citée par l’Agence France-Presse, chacun des sept candidats au poste de secrétaire général des Nations unies s’est heurté à au moins un avis défavorable de l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, à savoir les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni, tous détenteurs d’un droit de veto.
Lors de ce vote à huis clos, les quinze membres du Conseil ont attribué de manière anonyme à chaque candidat l’une des trois mentions possibles : « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». Fait nouveau, les bulletins des membres permanents se distinguaient cette fois par une couleur spécifique, permettant de mesurer précisément le poids des grandes puissances dans la balance.
La situation de l’ancien président sénégalais s’avère particulièrement délicate. Macky Sall n’a obtenu que cinq avis favorables, contre dix défavorables, dont trois émanant de membres permanents. Un tel niveau d’opposition parmi les détenteurs du veto compromet sérieusement ses chances, alors qu’il avait été auditionné à New York dans le cadre de la procédure de sélection.
La Costaricienne Rebeca Grynspan, 70 ans, ancienne secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), conserve la tête avec neuf « encourage ». Elle a toutefois récolté cinq « décourage », dont deux de membres permanents, ainsi qu’un « sans opinion ».
L’Argentin Rafael Grossi, 65 ans, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), se classe deuxième avec huit « encourage », six « décourage », dont deux de membres permanents, et un « sans opinion ».
Quatre femmes et trois hommes briguent actuellement la succession du Portugais António Guterres, 77 ans, dont le second mandat de cinq ans prendra fin le 31 décembre 2026. Le résultat de ce vote indicatif, qui ne permet à aucun candidat de se détacher sans opposition des grandes puissances, laisse entrevoir l’arrivée probable de nouvelles candidatures.
Cette course à la tête de l’organisation se déroule dans un contexte particulièrement tendu pour l’ONU, confrontée à la multiplication des conflits, à des divisions persistantes au sein du Conseil de sécurité et à de graves difficultés financières.