Face à la menace d’un rejet du texte budgétaire par la représentation nationale, le parlementaire a exhorté le président de la République à « prendre ses responsabilités » en recourant aux prérogatives exceptionnelles prévues par la Constitution.
Selon l’analyse défendue par le député, un blocage du budget de l’État constituerait une menace directe sur le fonctionnement régulier des institutions de la République.
La menace d’un blocage budgétaire et le recours aux pouvoirs d’urgence
Développant son argumentation, Abdou Mbow estime qu’un rejet de la LFR par l’hémicycle paralyserait la marche de l’État :
Un risque de paralysie institutionnelle : « Quand l’Assemblée nationale dit qu’elle veut rejeter la LFR, le pays est bloqué », a affirmé le parlementaire pour justifier la nécessité d’une intervention présidentielle d’urgence.
Incapacité des institutions et pouvoirs exceptionnels : Pour pallier cette crise, Abdou Mbow préconise la mise en œuvre des pouvoirs d’urgence prévus en cas de menace grave et immédiate sur les institutions républicaines.
Une interprétation controversée : Suspendre l’Assemblée en attendant la dissolution
Conscient des verrous constitutionnels qui encadrent la dissolution de l’Assemblée nationale, le député a livré une lecture personnelle des pouvoirs présidentiels :
Distinction entre dissolution et suspension : Tout en reconnaissant que la Constitution interdit la dissolution immédiate de la Chambre basse sous le régime des pouvoirs exceptionnels, Abdou Mbow soutient que l’Exécutif conserve la latitude de neutraliser l’activité parlementaire : « Tu ne peux pas dissoudre l’Assemblée, mais tu peux suspendre l’Assemblée nationale », a-t-il avancé.
Une mesure conservatoire avant le calendrier légal : S’appuyant sur la formule habilitant le chef de l’État à prendre « toute mesure » en période de crise, le député envisage cette suspension comme un sas de transition.
Le président de la République pourrait ainsi « suspendre le fonctionnement de l’Assemblée nationale jusqu’à ce qu’il ait la possibilité de la dissoudre », évoquant une échéance possible à partir du mois de décembre ou plus tard selon son calendrier politique.
Cette prise de position du parlementaire ouvre un vif débat juridique et politique sur l’interprétation des règles constitutionnelles et l’équilibre des pouvoirs entre l’Exécutif et le Législatif au Sénégal.