Home A la UNEIl faut que pastef investisse dans l’apprentissage du droit et respecte le conseil constitutionnel.

Il faut que pastef investisse dans l’apprentissage du droit et respecte le conseil constitutionnel.

by adminzero

Dans une tribune aux allures pédagogiques, Monsieur Mamadou Ndiaye, membre fondateur KIIRAAY au niveau du département de Guédiawaye, par ailleurs auteur écrivain, conseiller municipal, rappelle les fondamentaux de la république. Le respect de la séparation des pouvoirs et par conséquent des décisions du conseil constitutionnel est primordial, il invite les députés de pastef à retourner à l’école et à apprendre le droit constitutionnel pour faire des lois conformes à la constitution. Texte in extenso.

LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL N’EST PAS UN ADVERSAIRE POLITIQUE !

Il est temps de rappeler une vérité essentielle : on ne peut pas réclamer l’indépendance de la justice quand elle nous donne raison, puis la dénoncer lorsqu’elle nous contrarie.

En février 2024, lorsque le Sénégal traversait une grave crise institutionnelle, le Conseil constitutionnel a rappelé que nul n’est au-dessus de la Constitution. Ses décisions ont contribué à préserver l’ordre constitutionnel et à remettre le processus électoral sur les rails.

Aujourd’hui comme hier, une question demeure : voulons-nous des institutions qui disent le droit ou des institutions qui exécutent nos volontés ?

Une majorité parlementaire, aussi puissante soit-elle, ne peut pas transformer une loi inconstitutionnelle en loi conforme à la Constitution. Le nombre fait la majorité, mais il ne remplace ni le droit ni la compétence juridique.

Une loi censurée doit d’abord nous pousser à examiner ses failles, pas à chercher un coupable parmi les juges.

Le Conseil constitutionnel est indispensable à la démocratie. Ses décisions peuvent être discutées, analysées et critiquées. Mais la critique doit reposer sur des arguments juridiques, pas sur des frustrations partisanes.

Attaquer l’arbitre parce que le verdict nous déplaît ne change pas le résultat. Cela fragilise tout le jeu démocratique.

Gardons ceci à l’esprit : les majorités changent, les gouvernements passent, les oppositions deviennent des pouvoirs. Mais les institutions doivent demeurer au service de la République.

Le Conseil constitutionnel n’appartient à aucun camp. La Constitution nous protège tous.
Au fond, la défense du Conseil constitutionnel ne devrait jamais être une affaire de camp. Elle devrait être une affaire de principe.

Parce qu’avant d’être militants, responsables politiques ou sympathisants d’une formation, nous sommes tous des citoyens sénégalais. Et parce qu’avant de servir nos ambitions particulières, la République doit servir le droit, la liberté et la dignité de tous.

La République ne se protège pas en applaudissant toujours ses institutions. Elle se protège en exigeant d’elles qu’elles respectent le droit, et en refusant de les condamner simplement parce que leurs décisions nous déplaisent.

Tel est le véritable bouclier de la République. Et telle est notre responsabilité collective envers le Sénégal.

Défendre l’État de droit, ce n’est pas défendre un parti. C’est défendre le Sénégal !

PS: pastef devrait tirer leçon de ses débandades, retourner à l’école du droit, apprendre à rédiger des lois constitutionnelles conformes en lieu et place de leurs boutades irrévérencieuses.

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