Une vingtaine d’organisations de la société sénégalaise appellent le président de la République et le président de l’Assemblée nationale à ‘’privilégier le dialogue’’ dans les divergences relatives aux lois de finances.
‘’La société civile appelle solennellement le président de la République et le président de l’Assemblée nationale à privilégier le dialogue et la concertation, dans un esprit de responsabilité et de respect mutuel, dans l’intérêt supérieur de la nation’’, affirment-elles dans un communiqué parvenu à l’APS.
Cet appel survient après le rejet du projet de loi de finances rectificative 2026 et l‘’incertitude’’ dont le projet de loi de finances initiale 2027 semble faire l’objet.
La vingtaine d’organisations de la société civile, dont font partie le Réseau Siggil Jigeen, Présence chrétienne et Afrikajom Center, assurent la présidence de la République et l’Assemblée nationale de leur ‘’disponibilité à contribuer, dans le cadre de [leur] mission de veille citoyenne et de consolidation de la démocratie, à toute initiative constructive visant à dépasser cette situation’’.
Elles estiment que ‘’l’intérêt des populations ne saurait être l’otage des divergences politiques’’.
‘’Si les divergences et les rapports de force sont inhérents à la vie démocratique, leur règlement doit s’inscrire dans le respect de la Constitution, des prérogatives de chaque institution et de l’intérêt général’’, rappelle le communiqué.
Les organisations de la société civile pensent que ‘’la responsabilité, le dialogue et le respect des institutions doivent prévaloir’’.
‘’Le rejet de la LFR (la loi de finances rectificative 2026) aggrave cette conjoncture préoccupante, qui frise le défaut de paiement et expose le pays à un risque de banqueroute’’, déplorent-elles.
Des ‘’manœuvres d’obstruction’’
La société civile signale que la rivalité à l’origine du rejet du projet de loi de finances rectificative survient dans un contexte économique et financier ‘’particulièrement difficile’’, marqué par ‘’d’importantes contraintes budgétaires, la cherté de la vie, les défis de l’emploi et des attentes sociales croissantes’’.
Selon le communiqué, les divergences entre les pouvoirs exécutif et parlementaire sont de nature à compromettre la continuité des services publics, le financement des programmes sociaux et les efforts fournis en vue de la ‘’relance économique’’.
L’Assemblée nationale a rejeté, mardi, le projet de loi de finances rectificative 2026. Avant elle, sa commission chargée des finances et du contrôle budgétaire avait rejeté le même texte deux fois.
Ce jeudi, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a dénoncé des ‘’manœuvres d’obstruction’’ de la procédure d’examen de la loi de finances initiale (LFI) 2027.
La commission chargée des finances à l’Assemblée nationale estime, pour sa part, que ce texte ne doit pas être examiné par les députés parce qu’il n’est pas élaboré sur la base de la LFI 2026.
Cette position fait craindre un rejet de la loi de finances initiale 2027 par le groupe Pastef (majorité), qui est composé de députés du parti politique d’Ousmane Sonko, le président de l’institution parlementaire.