La Loi de finances rectificative (Lfr) s’aggrave d’un profond différend entre le gouvernement et les parlementaires de la majorité. Lors d’un point de presse conjoint tenu ce dimanche, les députés du Groupe Pastef, menés par Ayib Daffé et Amadou Bâ, ont justifié leur rejet du texte en commission. Entre coupes dans les infrastructures scolaires, incertitudes sur les subventions énergétiques et soupçons de manque de transparence budgétaire, la majorité exige des explications claires avant toute validation.
La résorption des abris provisoires dans le système éducatif sénégalais constitue l’un des principaux points d’achoppement. Face à la presse, le président du Groupe parlementaire Pastef, Ayib Daffé, est monté au créneau pour dénoncer la suppression des crédits alloués à ce programme essentiel. «On ne peut pas sacrifier l’éducation», a-t-il martelé, rappelant que la fin des abris provisoires est prioritaire pour garantir l’égalité des chances.
Réfutant toute volonté de blocage politicien, Ayib Daffé assure que les députés de Pastef restent ouverts au dialogue, mais refusent des arbitrages financiers défavorables aux populations. Tout en reconnaissant la pertinence des bourses de sécurité familiale, il estime qu’elles ne peuvent remplacer les infrastructures de base : «Donner de l’argent aux Sénégalais pour les soulager est une bonne idée, mais leur donner cet argent sans avoir d’écoles pour apprendre, d’hôpitaux pour se soigner et de routes pour se déplacer, ce n’est pas pertinent.»
Abordant le volet technique et comptable, le député Amadou Bâ a affirmé que le rejet du texte en commission reposait sur des préoccupations économiques majeures et des irrégularités constatées lors de l’examen du projet. «Après la dette cachée, ils ont créé des budgets cachés», a-t-il asséné.
Parmi les griefs soulevés, Amadou Bâ a pointé la disparition de la subvention à l’énergie dans le document soumis aux parlementaires, ainsi que l’absence de financement clairement identifié pour les bourses de sécurité familiale au niveau des comptes spéciaux du Trésor rattachés au ministère de la Famille. Autre motif de préoccupation : la réduction de 555 milliards de F Cfa sur les budgets d’investissement prévus pour 2026, dont Pastef exige de connaître les projets et financements précis touchés par ces annulations.
Critiquant au passage les ressources allouées aux services personnalisés de l’Etat, le parlementaire rappelle que les deniers publics doivent impérativement être soumis au contrôle parlementaire et à la reddition des comptes. Pour les députés de Pastef, aucun vote ne sera envisageable sans des éclaircissements exhaustifs et une garantie de transparence budgétaire.