Dans une déclaration incisive publiée ce 30 mars 2026 à Dakar, le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) a dressé un bilan noir de l’action gouvernementale. Entre cybersécurité défaillante, entraves au processus électoral et promesses sociales non tenues, l’opposition appelle à une mobilisation générale des «Forces vives de la Nation».
C’est un réquisitoire sans appel contre la gestion actuelle : il y a d’abord le «torpillage» de la candidature de Macky Sall à l’Onu par l’Etat. Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) dénonce avec véhémence le rejet par le régime Pastef de la candidature de l’ancien Président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Selon le front de l’opposition, le gouvernement est resté sourd aux appels des centrales syndicales, de divers partis et de nombreux citoyens qui y voyaient une opportunité majeure pour le rayonnement du Sénégal et de l’Afrique. Le Fdr accuse le pouvoir d’avoir agi avec «félonie» pour saboter cette candidature sur la scène internationale.
L’un des points les plus alarmants de la déclaration concerne la sécurité nationale. Le Fdr révèle qu’une attaque par rançongiciel, menée par le groupe cybercriminel Green Blood, a conduit à la mise en vente sur le darkweb de 139 téraoctets de données ultra-sensibles provenant de la Direction de l’automatisation des fichiers (Daf). Ces données incluraient la biométrie, l’identité et les fichiers électoraux des Sénégalais. Le front déplore l’incurie du gouvernement qui minimiserait cette menace sans précédent.
Quid du flou électoral et du blocage des révisions ? A l’approche des élections territoriales, l’inquiétude grandit. Le Fdr fustige le manque de transparence du ministre de l’Intérieur concernant le contrôle du fichier électoral, un droit pourtant conféré aux partis par le Code électoral, en soulignant l’absence de calendrier et le processus à l’arrêt : «aucune date n’est fixée pour les scrutins, la révision des listes électorales est jugée au point mort», souligne le Fdr. L’opposition dénonce son exclusion des concertations sur l’«Acte IV de la décentralisation» et le remembrement des communes.
Une crise sociale et agricole qui s’aggrave
Le volet social de la déclaration souligne de nombreux manquements aux engagements présidentiels : le non-respect des promesses de paiement des bourses familiales plonge des milliers de familles dans le désarroi. Dans les secteurs de l’éducation et du travail, elle rappelle que les enseignants subissent toujours des ponctions salariales jugées indues, et les travailleurs licenciés n’ont pas été réintégrés. Pour le monde rural «en détresse», le Fdr rappelle que faute de fonds pour l’achat des récoltes d’arachide, les paysans bradent leurs stocks de sécurité. Dans le secteur horticole, l’absence d’infrastructures de stockage entraîne des pertes post-récolte de plus de 35%, poussant certains producteurs à jeter leurs oignons et pommes de terre sur les routes.
Appel à la mobilisation
Face à ce qu’il qualifie de «gestion calamiteuse» et de «duplicité érigée en mode de gestion», le Fdr appelle les Forces vives du pays à se mobiliser. L’objectif affiché par la Conférence des leaders est de contraindre le gouvernement au respect de ses obligations constitutionnelles et à la prise en charge des besoins vitaux de la population.