Home SantéLancement de l’approche «Une seule santé» : Un projet de 24, 6 millions de dollars pour renforcer la riposte

Lancement de l’approche «Une seule santé» : Un projet de 24, 6 millions de dollars pour renforcer la riposte

by Msow

Le Sénégal consolide son dispositif de sécurité sanitaire avec le lancement d’un projet de 24, 6 millions de dollars destiné à mieux anticiper et gérer les futures crises sanitaires. Mis en œuvre sur trois ans, ce programme s’appuie sur l’approche «Une seule santé» et vise à améliorer la surveillance épidémiologique, les capacités des laboratoires, ainsi que la coordination entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale. 

Par Amadou MBODJI – Face à la menace persistante des maladies infectieuses émergentes, le Sénégal renforce son dispositif de prévention, de détection et de riposte aux pandémies. Le pays a lancé hier un projet visant à renforcer ses capacités de prévention, de préparation, de détection et de riposte aux pandémies, à travers l’approche «Une seule santé». Financé à hauteur de 24, 6 millions de dollars américains par le Fonds de lutte contre les pandémies, ce projet repose sur une approche intégrée associant la santé humaine, la santé animale et la protection de l’environnement. Il est mis en œuvre avec l’appui de partenaires, notamment la Fao, l’Unicef et la Banque mondiale.
«Le Sénégal n’avance pas en terrain inconnu. Face à l’adversité, notre pays a maintes fois prouvé sa capacité à se mobiliser, à anticiper et à innover. De la gestion du Covid-19 aux ripostes contre la dengue, la fièvre de la vallée du Rift ou la diphtérie, nos investissements ont fait leurs preuves. Qu’il s’agisse du Centre des opérations d’urgence sanitaire, du Réseau national de laboratoires, de l’Institut Pasteur de Dakar ou de la surveillance communautaire, nos fondations sont solides», souligne Dr Ibrahima Sy, ministre de la Santé et de l’hygiène publique du Sénégal. Il ajoute : «Mais ces crises ont aussi révélé nos vulnérabilités. Elles nous imposent un devoir d’exigence : une coordination multisectorielle réelle, une surveillance intégrée et une capacité de réaction immédiate aux frontières et au cœur de nos territoires.»
Ainsi, il dégage les trois bases sur lesquelles ce projet repose. «Il incarne trois priorités : prévenir, détecter et riposter avec une efficacité accrue, briser les silos entre santé humaine, santé animale et santé environnementale, et faire de l’approche «One Health» la pierre angulaire de notre sécurité sanitaire.» La pertinence du projet visant à renforcer les capacités de prévention, de préparation, de détection et de riposte aux pandémies, à travers l’approche «Une seule santé», trouve son expression à travers un constat qui fait que les maladies infectieuses dont souffrent les êtres humains sont, pour une grande part, d’origine animale.
La Coordonnatrice sous-régionale de la Fao pour l’Afrique de l’Ouest et représentante de la Fao au Sénégal, Mme Bintia Stephen-Tchicaya, a rappelé que le Sénégal a déjà été confronté à plusieurs menaces sanitaires, notamment la fièvre de la vallée du Rift, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, la dengue et la grippe aviaire hautement pathogène. «Le Sénégal a toujours démontré sa capacité à faire face aux menaces sanitaires multiples et récurrentes : fièvre de la vallée du Rift, fièvre hémorragique Crimée-Congo, dengue, grippe aviaire hautement pathogène, entre autres», a-t-elle déclaré lors du lancement du projet.
Selon elle, ces épisodes, souvent d’origine zoonotique, rappellent l’importance de mieux anticiper les risques sanitaires. Elle a souligné que plus de 60% des maladies infectieuses émergentes trouvent leur origine chez l’animal, qu’il soit domestique ou sauvage. Dans ce contexte, l’approche «One health» ou «Une seule santé» apparaît comme une nécessité opérationnelle. Elle permet de considérer de manière conjointe les enjeux liés à la santé humaine, à la santé animale et à l’environnement, afin de mieux prévenir et gérer les crises sanitaires.

Renforcer la surveillance et les laboratoires
Pour la Fao, l’engagement dans ce projet doit notamment permettre de renforcer la surveillance épidémiologique intégrée, de développer les capacités des laboratoires vétérinaires et de former des ressources humaines qualifiées.
L’objectif est de disposer de professionnels capables de prévenir, de détecter et d’intervenir rapidement et efficacement face à tout événement de santé publique.
Le projet doit ainsi contribuer à améliorer la capacité du pays à anticiper les menaces et à apporter une réponse coordonnée lorsqu’une crise survient. La collaboration entre les différents secteurs constitue, à cet égard, un élément central du dispositif. La santé humaine ne pouvant être dissociée de la santé animale et de l’environnement, le projet entend favoriser une meilleure coordination entre les acteurs concernés.

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