Face aux mouvements de grève qui secouent le secteur, le Ministère de la santé et de l’hygiène publique (Mshp) brise le silence. Entre reclassements historiques et investissements massifs, les autorités réaffirment leur volonté de respecter le Pacte national de stabilité sociale, tout en appelant au maintien du dialogue pour garantir la continuité des soins.
Le secteur de la santé au Sénégal traverse une zone de turbulences marquée par des débrayages et des grèves récurrents, qui perturbent le quotidien des patients. Pourtant, dans les coulisses du pouvoir, les lignes bougent. Pour répondre à la grogne des organisations syndicales, le ministère de la Santé a tenu à faire le point sur les mesures concrètes déjà engagées, s’inscrivant dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (Pnss-Cid).
Parmi les annonces phares, le ministère de la Santé et de l’hygiène publique souligne la résolution d’une injustice vieille de douze ans : le reclassement des techniciens supérieurs de santé à la catégorie A2. Ce décret concerne 1283 agents et marque une étape symbolique forte dans la reconnaissance des compétences techniques. Sur le front de la précarité, l’effort est tout aussi notable, avec l’intégration de plus de 1100 agents de santé (issus notamment du programme Ismea) dans la base des contractuels du ministère. Une opération qui pèse plus de 7 milliards de F Cfa par an dans le budget de l’Etat. Il détaille ainsi un investissement massif pour le système de soins.
Au-delà des revendications salariales, l’amélioration des conditions de travail reste une priorité. Le gouvernement a mobilisé plus de 60 milliards de F Cfa pour le renforcement du plateau technique, incluant la modernisation des infrastructures, l’acquisition d’équipements de pointe, l’approvisionnement sécurisé en médicaments et logistique. De plus, un recrutement spécial de 2500 agents est annoncé par le ministère de la Santé pour renforcer les effectifs et soulager les structures de soins sous pression.
L’indemnité de logement : le dernier point d’achoppement
Si le bilan est jugé positif par les autorités, un dossier reste brûlant : l’octroi de l’indemnité de logement aux agents contractuels des Etablissements publics de santé (Eps). «Un travail d’inventaire a déjà été effectué. L’enveloppe budgétaire est estimée à près de 8, 8 milliards de F Cfa par an», précise le ministère. Actuellement, les ministères de la Fonction publique et des Finances étudient des solutions «réalistes et soutenables» pour débloquer cette situation complexe, qui constitue l’un des piliers du Pacte de stabilité.
Après avoir lancé un appel à la responsabilité, le ministère de la Santé et de l’hygiène publique réitère son attachement aux engagements pris devant les partenaires sociaux. Tout en reconnaissant la légitimité de certaines attentes, il appelle les syndicats à privilégier la voie de la négociation. L’enjeu est de taille : protéger les populations les plus vulnérables et assurer un service public de santé de qualité pour tous les Sénégalais.