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Yankhoba Diémé dans une impasse

by Aicha Diop

En visite à Ziguinchor ce mardi, le ministre des Infrastructures, des transports terrestres et aériens a exprimé sa vive surprise face à la décision des syndicats de durcir leur mouvement. Malgré des avancées majeures sur cinq points de revendications, le secteur s’enfonce dans une grève illimitée que l’Etat juge désormais inacceptable.

Le dialogue de sourds se poursuit entre le gouvernement et les acteurs du transport. Alors qu’un troisième round de négociations s’était tenu dimanche dernier dans une ambiance qualifiée de «franche et directe», le ministre Yankhoba Diémé n’a pas caché son incompréhension face à la sortie médiatique des syndicalistes décrétant une grève illimitée. Pour le ministre, l’Etat a pourtant fait preuve de diligence en mobilisant l’ensemble de ses services, même un jour non ouvré. Selon ses précisions, un consensus avait déjà été trouvé sur cinq des dix points soulevés par les transporteurs : le déploiement de véhicules mobiles dans les régions pour faciliter l’inspection des véhicules dits «Cheikhou Chérifou» ; une simplification des procédures et un repositionnement du dispositif pour fluidifier le circuit des transporteurs ; l’extension du régime simplifié de sécurité sociale à l’ensemble des travailleurs du secteur, au-delà des seuls membres de l’Aftu ; et un programme de rénovation des gares routières mené en concertation avec les acteurs du volant.

«Le citoyen ne doit pas être pris en otage»
Yankhoba Diémé a profité de sa visite sur le chantier de l’aéroport de Ziguinchor pour rappeler que la modernisation du secteur et le renouvellement du parc automobile sont des impératifs non négociables. «Il faut prendre en compte le citoyen qui doit être satisfait dans ses déplacements», a-t-il martelé, fustigeant une méthode de lutte qui pénalise avant tout les populations. Le ministre a particulièrement dénoncé la fermeture forcée de certaines gares routières par les grévistes pour imposer leur mot d’ordre. Une pratique jugée illégale sur des infrastructures qui, rappelle-t-il, restent la propriété exclusive de l’Etat.

Face à ce qu’il considère comme un braquage des syndicats malgré les mains tendues, le ton de Yankhoba Diémé s’est durci. L’heure n’est plus seulement à la discussion, mais au rétablissement de l’ordre. «L’Etat prendra ses mesures dans les prochaines 24 heures. Rien ne sert de se braquer. Un Etat dialogue, mais quand il s’agit de sujets comme ceux-là, l’Etat doit rester ferme», a conclu le ministre.

Cette déclaration sonne comme un ultimatum. Alors que l’économie nationale subit de plein fouet les contrecoups de cette paralysie, la réponse de l’Exécutif attendue aujourd’hui pourrait marquer un tournant décisif dans ce bras de fer.

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