Emmanuel Macron a assuré, vendredi 13 mars, que le prêt de 90 milliards d’euros promis par les dirigeants de l’Union européenne à l’Ukraine serait « tenu », alors que ses premiers décaissements sont bloqués par la Hongrie.
« Nous avons (…) décidé, en décembre dernier, d’un prêt de 90 milliards d’euros. Cet engagement sera tenu et je le dis ici avec force et clarté », a affirmé le président français lors d’une conférence de presse à l’Élysée avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
« Si des désaccords s’expriment, c’est le devoir de chaque nation de tenir les promesses qui sont faites et les engagements politiques qui ont été pris par tous en décembre », a-t-il ajouté.
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Il a ainsi fait allusion au blocage des décaissements par Budapest, qui réclame que l’Ukraine rouvre rapidement l’acheminement vers le sol hongrois de pétrole russe par l’oléoduc Droujba, endommagé selon les autorités ukrainiennes par une frappe de Moscou.
Pétrole russe : la levée de sanctions américaines est « limitée »
Le chef d’État français est par ailleurs revenu sur la levée des sanctions américaines sur les ventes de pétrole russe assurant que cette dernière était « limitée » et que cela ne remettait pas en cause les engagements du G7.
« La décision qui a été prise, de manière exceptionnelle et limitée, par les États-Unis d’Amérique, (…) ne revient pas de manière durable et large sur les sanctions que eux-mêmes ont décidées » dans le cadre du G7, a affirmé le président français lors d’une conférence de presse avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. « La situation (en Ukraine, ndlr) ne justifie en rien de (les) lever ».
« Le contexte de montée des prix du cours du pétrole ne doit en aucun cas amener à revoir notre politique de sanctions à l’égard de la Russie, c’est la position que le G7 a tenu, c’est la position évidemment de la France et de l’Europe », a-t-il insisté.
La guerre au Moyen-Orient écrase l’actualité
Deux mois après sa dernière visite en France, le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé à Paris, vendredi 13 mars, pour s’entretenir avec son homologue français Emmanuel Macron. Objectif : « démontrer » que la guerre au Moyen-Orient « ne détournera » pas l’attention de l’Ukraine, et que la Russie « se trompe » si elle pense profiter de ce contexte géopolitique.
Cette douzième visite du président ukrainien en France depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, au lendemain d’une étape en Roumanie, vise à « éviter absolument » un « effet d’éclipse » lié au conflit déclenché par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui écrase l’actualité et monopolise l’attention des dirigeants mondiaux, a expliqué l’Élysée à des journalistes.
La présidence russe a estimé jeudi que cette visite parisienne illustrait la volonté ukrainienne « d’entraver » un règlement pacifique du conflit, alors que les États-Unis ont proposé de nouvelles négociations entre Kiev et Moscou sous médiation américaine pour la semaine prochaine. « La seule entrave à la paix, aujourd’hui c’est la Russie », a répondu la présidence française.