Réunis hier, les représentants des formations politiques et le Collectif des organisations de la Société civile pour les élections (Cosce) ont adopté un mémorandum crucial. Ce document dresse un diagnostic sans complaisance du processus électoral et formule des exigences fermes pour garantir l’intégrité des prochaines échéances locales.
Le dialogue électoral sénégalais franchit une nouvelle étape. Sous l’égide du Cosce, agissant en tant que facilitateur neutre, les acteurs politiques se sont accordés sur une vision commune pour prévenir les tensions et garantir des élections inclusives.
Le mémorandum souligne un contexte politique tendu, où la restauration de la confiance entre les citoyens, les institutions et les partis politiques est devenue une nécessité impérieuse. Les signataires notent une forte attente de transparence et de redevabilité de la part de la population. Plusieurs points de crispation majeurs ont été identifiés par les participants : les acteurs s’inquiètent de l’absence d’un fichier actualisé après la révision de 2025 et dénoncent l’impossibilité d’y accéder, des préoccupations vives entourent les modifications envisagées des articles L.29 et L.30 du Code électoral, perçues comme sources de tensions potentielles. Il y a aussi l’exigence de tenir les élections à dates échues et la publication immédiate du calendrier sont jugées essentielles pour la crédibilité du processus.
Face à ces défis, le forum recommande à l’Etat et aux institutions électorales de renforcer le dialogue permanent. Les signataires appellent notamment à publier les dates des révisions exceptionnelles des listes électorales en vue des élections de 2027, clarifier les annonces relatives à l’Acte IV de la décentralisation, particulièrement sur le remembrement des collectivités et faciliter l’obtention des pièces d’identité dont beaucoup arrivent prochainement à expiration.
Le mémorandum intervient alors que le gouvernement a manifesté son intention de recevoir les formations politiques ce jeudi 30 avril 2026. Toutefois, la participation de l’opposition et des différents collectifs reste suspendue à une concertation interne. Les partis préviennent : leur présence dépendra de l’évolution du contexte, notamment concernant les initiatives législatives de la majorité parlementaire.
Professeur Babacar Guèye, président du Cosce, et Moundiaye Cissé se sont engagés à transmettre ce mémorandum au ministre de l’Intérieur, à la Dge et à la Cena sous 48 heures.
L’appel est lancé pour un «Sénégal réconcilié avec sa démocratie» , dans un environnement sous-régional où la stabilité politique est plus que jamais un défi de sécurité nationale.