Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son délibéré ce lundi 26 octobre 2026 dans l’affaire opposant le collectif « And Sam Djiko Yi » à la présidente de l’Union pour le Progrès et le Renouveau du Sénégal (UPRS), Ndeye Leïla Sow. Poursuivie pour des propos tenus lors d’une émission de télévision, la responsable politique a été déclarée coupable et condamnée à six mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme, assortis d’une amende de 500 000 FCFA.
Les griefs et la ligne de défense de la prévenue
L’affaire fait suite à la diffusion d’une séquence télévisée dans laquelle Ndeye Leïla Sow s’en prenait violemment aux responsables du collectif luttant contre l’homosexualité :
Mise en cause des promesses politiques : À la barre, la responsable politique a soutenu que ses interventions relevaient du débat d’idées. Elle a affirmé avoir dénoncé ce qu’elle qualifie de « mensonge », reprochant au collectif d’avoir accusé l’ancien président Macky Sall de porter un agenda LGBT tout en restant silencieux sur la criminalisation de l’homosexualité depuis le changement de régime.
Diffusion de la vidéo incriminée : La projection de l’extrait lors de l’audience a fait entendre les termes contestés : « Ay Sagarou Imam laniou […] Ils sont des menteurs, des bandits et des hommes de l’enfer ».
Réquisitions du Parquet : Jugeant les propos d’une gravité suffisante pour susciter l’indignation générale, le procureur de la République a requis six mois d’emprisonnement, dont trois fermes, rejoints par la décision finale du juge.
Une défense offensive dénonçant une « justice à deux vitesses »
Assistée de Mes Djiby Diallo, Aboubacry Barro, El Hadji Amadou Sall et El Hadji Diouf, la défense s’est livrée à un plaidoyer politique en dénonçant l’absence du collectif plaignant à l’audience :
Contestation de la sélectivité des poursuites : Mes Diallo et Barro ont dénoncé une application asymétrique de la loi, citant des déclarations publiques restées impunies concernant des dignitaires religieux ou l’argent distribué à Touba.
Révélations de Me El Hadji Diouf : L’avocat a fustigé l’instrumentalisation politique de la justice pour réduire au silence l’opposition, tout en évoquant l’affaire Ngoné Saliou : « Un ministre de la République a donné des instructions au commissaire de la cybersécurité, malgré la décision du parquet qui voulait la garder à vue. Ngoné Saliou a insulté tous les Peuls ».
Assomption des termes : Me El Hadji Diouf a maintenu la ligne de sa cliente devant le tribunal en déclarant : « Un imam qui ment est un sagarou imam. J’assume mes propos ».