L’État du Sénégal a opté pour la captation des investissements directs étrangers (IDE) et des capitaux souverains internationaux pour résorber le déficit structurel de 500 000 logements auquel le pays fait face, a indiqué le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana.
“Les autorités sénégalaises s’appuient désormais sur le Programme national d’accès au logement et de rénovation urbaine (PNALRU), un mécanisme conçu comme un levier financier stratégique dont l’ambition est de catalyser les investissements directs étrangers (IDE) et les capitaux des fonds souverains”, a expliqué M. Fofana.
S’exprimant jeudi lors d’un panel organisé à l’ouverture de la 6e édition du salon SENHABITAT 2026, il a alerté sur l’existence d’un besoin annuel non satisfait de “5 000 à 10 000 unités”, qui engendre, ajouté au stock historique, “un déséquilibre chronique” qui risque d’absorber les efforts de l’État en termes de réduction du coût de la vie.
D’après Moussa Bal Fofana, c’est dans ce contexte d’urgence que s’inscrit l’objectif de 30 000 logements à réaliser par an, une ambition dont le coût, estimé à 800 milliards de FCFA, pèse “lourdement sur l’économie sénégalaise”.
“Le budget de l’État et les banques locales ne peuvent financer cet objectif”, a admis le ministre, en faisant observer que ce volume financier se trouve “hors de portée des mécanismes classiques”.
A l’en croire, c’est pour contourner cette impasse budgétaire que les autorités sénégalaises s’appuient désormais sur le Programme national d’accès au logement et de rénovation urbaine (PNALRU).
“Conçu comme un levier financier stratégique, ce mécanisme ambitionne de catalyser les investissements directs étrangers (IDE) ainsi que les capitaux des fonds souverains”, a expliqué M. Fofana.
La stratégie déployée par les autorités sénégalaises pour attirer les investisseurs dans l’immobilier s’appuie sur un triptyque fondamental.
“D’abord, il propose un foncier à coût zéro grâce à la mise à disposition de 17 000 hectares sur l’ensemble du territoire national. Ensuite, l’accès aux matériaux est facilité par l’ouverture de carrières de construction sécurisées au sein de huit pôles territoriaux”, a ajouté le ministre.
Le volet industrialisation “repose sur la création d’une zone franche de 4 000 hectares le long de l’autoroute Ila Touba, spécialement dédiée au logement préfabriqué”, a poursuivi Moussa Bala Fofana.
“L’objectif final de ce dispositif est de transformer la crise sociale du logement en un puissant levier économique, capable de générer des emplois locaux, de favoriser la délocalisation d’usines et de maximiser le transfert de technologies”, a-t-il souligné.