L’Alternative pour la relève citoyenne d’Anta Babacar Ngom déplore la tournure politique prise par l’examen de la loi de finances rectificative et demande au Premier ministre d’engager la responsabilité de son gouvernement pour la faire adopter. Le parti réclame aussi la dissolution de l’Assemblée dès le 2 décembre.
L’opposition s’invite à son tour dans le bras de fer budgétaire. L’Alternative pour la relève citoyenne (ARC), le parti d’Anta Babacar Ngom, déplore la tournure politique prise par l’examen de la loi de finances rectificative (LFR) 2026, au détriment de l’intérêt général. Le texte a été rejeté le 3 novembre par l’Assemblée nationale, à majorité Pastef.
« Le Sénégal ne peut se permettre que les institutions se neutralisent pendant que les populations font face à la cherté de la vie, aux inondations, au chômage, à l’insécurité, aux difficultés d’accès aux soins, aux défis de l’éducation et aux incertitudes économiques », souligne l’ARC.
Le parti refuse que la question des finances publiques soit réduite à un affrontement entre deux camps. « Le budget de la Nation ne doit servir ni de prétexte à des règlements de comptes, ni de moyen de déstabilisation politique », prévient-il. Il rappelle que « les intérêts de la population sénégalaise doivent toujours primer sur les considérations partisanes, les rapports de force et les calculs politiques ».
L’ARC appelle l’Exécutif et le Législatif à faire preuve de « plus de responsabilité que de rivalité, de transparence que de suspicion, de solutions que de postures ». Elle va plus loin en demandant au Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, d’« engager la responsabilité de son gouvernement » devant l’Assemblée nationale afin de faire adopter la LFR, « conformément aux dispositions de l’article 86 de la Constitution ».
La formation politique réitère par ailleurs sa demande de dissolution de l’Assemblée nationale dès l’expiration du délai légal. La Constitution interdit en effet toute dissolution durant les deux premières années de la législature. Installée le 2 décembre 2024, celle-ci pourra donc être dissoute à partir du 2 décembre 2026.
Cette prise de position s’ajoute à celles de plusieurs acteurs politiques et de la société civile depuis le rejet du texte. L’Alliance pour la République (APR) a appelé à rassembler les opposants à la gouvernance actuelle, tandis que le Forum civil a regretté l’absence de débat sur le fond. Le projet avait déjà été écarté à deux reprises en commission, comme l’a rapporté Ndarinfo lors du deuxième rejet de la LFR 2026 en commission.
Le différend s’est depuis étendu au budget 2027. Le président de la Commission des finances, Alphonse Mané Sambou, a suggéré le retrait du projet de loi de finances initiale, avant d’en convoquer l’examen pour ce samedi 7 novembre, ce que le ministère de l’Économie qualifie de « manœuvres d’obstruction ».