Israël a frappé lundi le Liban après des tirs du Hezbollah contre son territoire, étendant le conflit au Moyen-Orient au troisième jour de l’offensive menée avec les Etats-Unis et censée « décapiter » la République islamique d’Iran.
Alors que la guerre a fait ses premières victimes américaines et que Donald Trump a dit envisager une opération de plusieurs semaines, chaque camp affiche sa détermination à poursuivre les hostilités.
Dans le Golfe, la journée a une nouvelle fois commencé au son de fortes explosions à Dubaï, Doha et Manama, tandis qu’une colonnne de fumée s’élève au Koweït au dessus de l’ambassade américaine.
En Iran, des frappes sur l’ouest du pays ont touché des immeubles résidentiels et fait trois morts, selon des médias d’Etat, l’armée israélienne annonçant aussi « des frappes à grande échelle » sur Téhéran.
Israël a également annoncé frapper des cibles du Hezbollah « à travers le Liban », en riposte à des tirs du mouvement chiite libanais en direction d’Israël, les premiers depuis le début de la guerre contre l’Iran.
« Nous devons nous préparer à plusieurs jours de combats, de nombreux » jours, a prévenu le chef de l’armée israélienne, le général Eyal Zamir.
Les autorités libanaises ont fait état d’au moins 31 morts et 149 blessés.
Des journalistes de l’AFP ont entendu de puissantes explosions à Beyrouth dans la nuit et ont vu de nombreuses familles fuir le sud du pays à bord de voitures avec, pour certaines, des matelas accrochés sur le toit.
Israël avait indiqué plus tôt avoir intercepté un « projectile » tiré depuis le Liban et que d’autres étaient tombés dans des zones inhabitées, sans faire de victime.
« Essaim de drones »
Le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a affirmé avoir lancé « une salve de missiles et un essaim de drones » contre Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué samedi dans les premières heures de l’opération américano-israélienne.
L’armée a ensuite prévenu que les raids au Liban allaient s’intensifier lundi.
Dans une série d’interventions sur les réseaux sociaux et d’interviews, Donald Trump s’est efforcé de justifier cette nouvelle guerre dans laquelle trois soldats américains ont déjà été tués, selon l’armée.
Il a déclaré au New York Times que les Etats-Unis se préparaient pour une opération de « quatre à cinq semaines ». Questionné par le journal sur l’avenir de l’Iran, et plus particulièrement sur qui il souhaitait voir à la tête du pays, il a répondu: « J’ai trois très bons choix », avant d’ajouter: « Je ne les dévoilerai pas pour l’instant. Finissons d’abord le travail ».

Veillée à la mémoire du guide suprême Ali Khamenei, le 1er mars 2026 à Téhéran
« Nous menons cette opération massive non seulement pour assurer notre sécurité ici et maintenant, mais aussi pour nos enfants et leurs enfants », avait-il insisté plus tôt. « Un régime iranien équipé de missiles à longue portée et d’armes atomiques serait une grave menace pour tout Américain ».
Dans un message vidéo, M. Trump a appelé les Gardiens de la Révolution iraniens, l’armée idéologique du régime, et la « police militaire » à « déposer les armes » en échange d’une immunité totale, ou sinon à « faire face à une mort certaine ».
« Nous ne négocierons pas avec les Etats-Unis », a rétorqué sur X le puissant chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani. « Trump a plongé la région dans le chaos avec ses +rêves illusoires+ et s’inquiète désormais de nouvelles pertes parmi les forces américaines », a-t-il ajouté.
Le ministre de la Défense Pete Hegseth doit donner lundi à 13H00 GMT la première conférence de presse d’un dirigeant américain depuis le début du conflit.
Explosions dans le Golfe
Dimanche, le Pentagone a annoncé avoir détruit le quartier général des Gardiens de la Révolution iraniens. L’armée israélienne a elle dit avoir « décapité le serpent » et porté un « coup dur » aux capacités de commandement iranien.
Pour sa part, l’Iran a mené des frappes de représailles contre Israël, où au moins neuf personnes ont été tuées dimanche et où une nouvelle alerte aux missiles a été déclenchée lundi matin. Des journalistes de l’AFP ont entendu des explosions à Jérusalem.