A l’occasion des journées scientifiques de l’Amicale du personnel d’encadrement de la mairie, les autorités municipales ont appelé à une refonte profonde du modèle de gestion de la capitale. Entre innovation financière et modernisation urbaine, l’ambition est claire : doter Dakar d’un statut particulier pour en faire une métropole africaine durable et compétitive.
Par Justin GOMIS – Les autorités municipales de Dakar sont unanimes : l’avenir de la capitale exige un changement de paradigme. Au regard de son poids stratégique et de son potentiel, elles estiment que Dakar doit bénéficier d’un statut spécial, à l’instar des grandes métropoles mondiales. Pour le maire Abass Fall, il est impératif de «repenser Dakar». «Beaucoup de grandes villes à travers le monde disposent d’un statut spécial, non pas pour le maire, mais pour ce que la capitale représente en tant qu’institution», a souligné l’édile. Citant l’exemple de Kigali où les maires siègent parfois au Conseil des ministres, il a plaidé pour une reconnaissance à la hauteur de l’importance de Dakar.
Selon lui, cette spécificité ne doit pas freiner le développement des autres pôles territoriaux, mais plutôt servir de locomotive. «Il faut refaire Dakar pour qu’elle reste cette belle capitale qui fait notre fierté lors de nos déplacements à l’étranger», a-t-il ajouté lors des journées scientifiques organisées sous le thème : «Financer, gouverner et transformer la ville de Dakar à l’ère des pôles territoriaux et de l’Acte 4 de la décentralisation.»
Un diagnostic sans complaisance
Le responsable politique de Pastef porte un regard critique sur l’état actuel de la ville. Si son passé historique est loué, il estime que la capitale s’est métamorphosée de façon parfois négative. «Pour que Dakar redevienne la ville de notre enfance, tous les citoyens doivent se mobiliser. Nous allons tout faire, durant notre mandat, pour apporter la contribution nécessaire à ce changement», a-t-il promis.
Pour réussir cette mutation, la municipalité voit dans l’Acte 4 de la décentralisation une opportunité de réinventer le modèle de gouvernance et de transformer Dakar en une métropole «moderne, durable, inclusive et compétitive».
Trois piliers pour la transformation
Abass Fall a décliné sa feuille de route autour de trois priorités majeures : moderniser la fiscalité locale et mobiliser des financements innovants, ainsi que des investissements structurants ; bâtir une administration performante, digitalisée, transparente et centrée sur la participation citoyenne ; et placer l’aménagement, l’environnement, l’éducation, la santé et la culture au cœur de l’action municipale. Ces journées de réflexion ont permis d’aborder des leviers stratégiques tels que la Gestion axée sur les résultats (Gar), l’optimisation des mécanismes de financement et le rayonnement international de la capitale.
Selon Birame Mbaye Seck, président de l’Amicale du personnel d’encadrement de la Ville de Dakar, la capitale ne doit plus subir les réformes, mais les anticiper : «Il nous revient de définir les leviers de financement et le mode de gouvernance adaptés. Nous devons confirmer la place de Dakar en tant que ville bénéficiant d’un statut particulier.» Les conclusions de ces travaux devraient déboucher sur des recommandations concrètes et audacieuses pour faire de Dakar une métropole d’excellence et de prospérité partagée.