Alors que le gouvernement sénégalais annonce des mesures immédiates pour apaiser le secteur du transport, la Fédération des syndicats maintient son mot d’ordre de grève. Entre accords partiels et rupture de dialogue avec certains acteurs, le bras de fer se durcit.
La salle de conférence Kinkéliba des sphères ministérielles de Diamniadio a été le théâtre d’intenses tractations le 26 mars 2026. Sous la présidence de Yankoba Diémé, ministre des Transports terrestres et aériens, une réunion de concertation s’est tenue pour tenter de désamorcer les préavis de grève qui paralysent la mobilité nationale. Certes, il y a eu des avancées concrètes pour certains syndicats, selon le procès-verbal de la rencontre qui fait état de plusieurs mesures «concrètes et immédiates» visant à répondre aux plateformes de l’Urs/Cnts et du Sntp. Pour le contrôle technique, il est prévu un déploiement d’un banc mobile dans les régions éloignées dès la deuxième quinzaine d’avril 2026 pour les minicars. Pour les cartes grises, une dérogation de six mois est accordée pour corriger les anomalies sur les certificats d’immatriculation.
Pour la capacité des véhicules, il a été admis une harmonisation du nombre de places pour les minicars de même type (ex : 14 places pour les Toyota Hiace). Alors que pour la protection sociale, les deux parties ont convenu d’un engagement à intégrer les transporteurs au Régime simplifié pour les petits contribuables (Rspc) pour offrir une couverture maladie aux travailleurs de l’informel.
La fédération de Alassane Ndoye campe sur ses positions
Cependant, l’optimisme gouvernemental se heurte à un mur de contestation. Une partie des organisations syndicales a «délibérément choisi de ne pas participer aux travaux». C’est le cas de la Fédération des syndicats des transports routiers, dirigée par Alassane Ndoye. Au sortir d’une session de négociations parallèle s’étirant de 11h à 21h, le constat de M. Ndoye est sans appel : aucun des dix points de leur plateforme n’a trouvé satisfaction. Estimant que l’Etat n’est pas disposé au dialogue, il a confirmé que «la grève va se poursuivre jusqu’à nouvel ordre».
Vers un comité «ad hoc» pour débloquer les points sensibles
Pour les points les plus complexes, tels que le transport de nuit, la concurrence déloyale des «taxis clandos» et les abus lors des contrôles routiers, le ministre des Transports a annoncé la création d’un comité ad hoc tripartite. Ce cadre inclusif devra formuler des propositions opérationnelles pour ramener une paix sociale durable. Reste à savoir si cette main tendue suffira à convaincre les grévistes de reprendre le volant, alors que les usagers subissent de plein fouet les conséquences de ce blocage.