Home Politique Discours – Crise au Moyen-Orient, enseignement supérieur… : Le chef de l’Etat annonce des mesures pour faire face aux chocs

Discours – Crise au Moyen-Orient, enseignement supérieur… : Le chef de l’Etat annonce des mesures pour faire face aux chocs

by Aicha Diop

Face aux tensions internationales et aux fragilités du système éducatif national, Bassirou Diomaye Faye mise sur la résilience. Dans son discours du 3 avril, le chef de l’Etat a annoncé une transformation profonde de l’enseignement supérieur via l’Agenda national «Antesri», tout en dévoilant de nouvelles mesures sociales en faveur des personnes handicapées et des ménages vulnérables. Un cap clair pour stabiliser l’économie et pacifier l’espace universitaire.

Dans son traditionnel discours à la Nation à l’occasion de la célébration de la Fête de l’Indépendance, Bassirou Dio­maye Faye s’est prononcé sur le «contexte international particulièrement instable, marqué notamment par l’escalade des tensions au Moyen-Orient et la guerre en Iran». Conscient que les équilibres économiques mondiaux de­meurent exposés à des chocs imprévisibles, le président de la République fait remarquer que «ces évolutions exercent déjà des pressions sur les chaînes d’approvisionnement, les coûts de transport et les prix de l’énergie, avec des effets qui peuvent se répercuter sur les économies, y compris la nôtre». D’après le Président Faye, «les efforts importants consentis ces derniers mois pour alléger le coût de la vie et améliorer les conditions des ménages doivent donc être consolidés avec vigilance». C’est pourquoi, prévient-il, «nous devons rester lucides, anticiper ces évolutions et poursuivre, avec méthode et responsabilité, les réformes engagées afin de préserver durablement notre économie et le pouvoir d’achat des Sénéga­lais».
Concernant l’enseignement supérieur, pour le chef de l’Etat, «les récents évènements douloureux survenus à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et marqués par le décès tragique de l’étudiant Abdou­laye Ba» révèlent, dit-il, «les vulnérabilités de notre système d’enseignement supérieur». Il a ainsi rappelé la nécessité de repenser l’Université sénégalaise. Et de déclarer : «Face aux fragilités du système d’enseignement supérieur du fait de la massification des effectifs d’étudiants, de l’insuffisance du nombre d’enseignants-chercheurs et des infrastructures, des corrections s’imposent pour un redressement de la situation.» Bassirou Diomaye Faye soutient qu’il «est impératif de procéder à une refondation de l’enseignement supérieur». Et d’ajouter : «C’est cette exigence qui m’avait amené à instruire la tenue d’assises dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur et l’élaboration de l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Antesri) dont l’adoption donnera une feuille de route pour une université pacifiée, compétitive et alignée sur les orientations de la vision Sénégal 2050.» Poursuivant ses propos, il rappelle que la «crise universitaire actuelle sur la question des allocations d’études, liée en partie au dérèglement du calendrier académique, a conduit l’Etat du Sénégal à conclure des contrats de performance avec toutes les universités publiques en vue d’un retour définitif à une année universitaire normale». Dans la même veine, le chef de l’Etat assure que «les réformes systémiques engagées, dans le cadre de la refondation curriculaire, visent à repenser, dans son ensemble, notre modèle éducatif et de formation, afin qu’il soit d’une part, fondamentalement enraciné dans nos langues, notre culture, nos traditions et nos valeurs, et d’autre part, qu’il prépare notre jeunesse à la maîtrise de compétences et de connaissances scientifiques et techniques, notamment le numérique et l’Intelligence artificielle».

Par ailleurs, Bassirou Diomaye Faye annonce l’achèvement des centres de formation à Touba, Diourbel et Linguère. Selon le président de la République, «23 centres départementaux supplémentaires sont programmés afin de rapprocher les opportunités de formation des terroirs». En outre, il renseigne que la «formation professionnelle et technique supérieure, de son côté, va connaître une impulsion inédite à travers la construction de huit (8) nouveaux Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (Isep) d’une capacité globale de vingt-quatre mille (24 000) apprenants à l’horizon 2029».

Dans son discours, le président de la République déclare avoir placé «l’inclusion des personnes handicapées au cœur de l’action publique». Ainsi, il note que «plus de quinze mille (15 000) titulaires de la Carte d’égalité des chances sont déjà enrôlés dans le régime d’assurance maladie universelle, avec un objectif d’extension significatif en 2026». D’après Bassirou Diomaye Faye, «l’accès à l’emploi et à l’entrepreneuriat est renforcé : mille quatorze (1014) projets portés par des personnes handicapées ont été financés, avec l’appui du Fongip et de la Der/Fj pour un montant global de 1, 37 milliards». Et d’ajouter : «Dans le cadre du Pavi II, au moins 5% de l’enveloppe globale de 107 milliards seront réservés à leurs projets.» S’agissant du Programme na­tional de bourses de sécurité familiale qui a été relancé récemment, M. Faye informe qu’il «est articulé avec la Carte d’assurance maladie universelle et d’autres filets sociaux au profit des bénéficiaires». «Les dispositifs de protection sociale adaptative soutiendront les familles affectées par les chocs économiques et climatiques», a-t-il promis.

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