Home InternationalDrogues, trafics de migrants… Ce que l’on sait du cartel Jalisco qui sème la terreur au Mexique après la mort de son chef

Drogues, trafics de migrants… Ce que l’on sait du cartel Jalisco qui sème la terreur au Mexique après la mort de son chef

by Aicha Diop

Le chef du cartel mexicain Jalisco Nueva Generación (CJNG), Nemesio Oseguera Cervantes, a été tué par l’armée ce dimanche 22 février. Cocaïne, métamphétamines, fentanil, trafic d’hydrocarbures… En l’espace de 15 ans, « El Mencho » a créé le cartel le plus diversifié et violent du Mexique, avec des ramifications sur de nombreux continents. 

Le chef du cartel mexicain CJNG, Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, a été tué ce dimanche 22 février au Mexique, dans une opération menée par l’armée mexicaine et appuyée par le renseignement américain. 

DEA

L’opération a été menée avec l’aide des renseignements américains. Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », a été tué ce dimanche 22 février, avec sept de ses gardes du corps. Depuis 2024, Washington promettait 15 millions de dollars à quiconque fournissait des informations permettant l’arrestation du chef du cartel mexicain CJNG. Nemesio Oseguera Cervantes était bien connu de l’agence américaine de l’Administration de contrôle des drogues (DEA). Né en 1966 dans l’État du Michoacán, sur la côte Pacifique, c’est à l’âge de 14 ans qu’il émigre illégalement vers États-Unis, rappelle le journal mexicain El sol de Mexico

L’adolescent s’installe en Californie. À la recherche de travail, il tombe rapidement dans le trafic de drogue. À l’âge de 20 ans, il est arrêté pour possession illégale d’arme à feu et vol. Huit ans plus tard, il est condamné à trois ans de prison pour avoir distribué illégalement de l’héroïne, rappellent nos confrères. C’est le début de la carrière de celui qui deviendra le « criminel le plus puissant au monde », selon Alberto Guerreo Baena, expert en sécurité nationale et groupes armés de l’État du Michoacán, interrogé par El sol de Mexico

Un ancien agent de police devenu chef d’un cartel sanguinaire 

Après avoir purgé sa peine de prison, Nemesio Oseguera Cervantes revient au Mexique où il exerce, contre toute attente, en tant qu’agent de police dans l’État de Jalisco, frontalier du Michoacán, explique le groupe de réflexion Insight crime. Mais répondant à l’appel de l’argent et du pouvoir, il retombe dans le narcotrafic et rejoint le cartel de Milenio. L’organisation criminelle se divise en deux à la capture de leur chef, « El Lobo ». Nemesio Oseguera Cervantes prend alors la tête de l’une de ces deux branches, « Los Torcidos », qui deviendra en 2011 le cartel de CJNG, pour le « Cartel Jalisco nouvelle génération ».

Le cartel prend le contrôle du narcotrafic des États voisins et finit par s’imposer dans 22 États mexicains, sur les 31 que compte le pays. ll attire l’attention des autorités à mesure que ses méthodes deviennent plus violentes et agressives, détaille le groupe de réflexion. La capture de chefs de cartels concurrents profite au CJNG, qui devient de plus en plus puissant. 

L’organisation criminelle concentre son trafic sur le marché illégal des amphétamines, des stimulants synthétiques largement exportés en Europe et aux États-Unis, mais aussi en Asie, rapporte la chaîne britannique de la BBC. Le cartel fait également appel à des experts en finances et à des chimistes qui créent de nouvelles drogues synthétiques. Outre la drogue, le CJNG réalise des gains en volant du pétrole et en faisant de la traite d’êtres humains. Le cartel est aussi accusé d’extorsions et de trafic de migrants, rappelle Insight crime. 

C’est par le Pacifique que le cartel fait transiter sa drogue et fait venir de la cocaïne de Colombie, ainsi que des « précurseurs » chimiques de drogues, composants essentiels à la fabrication d’une drogue, depuis la Chine. Le tout transite par le port de Manzanillo, considéré comme une « fenêtre sur l’Asie »

« Il faudra voir qui prend le contrôle de l’entreprise criminelle »

Le CJNG jouit de la mise en place d’un réseau tentaculaire et bien implanté dans les Amériques et notamment « en Colombie, au Pérou, en Bolivie, dans toute l’Amérique centrale et aux États-Unis », explique le groupe de réflexion. 

Pour en savoir plus Incendies, routes bloquées… Violentes représailles d’un cartel au Mexique après la mort de leur chef El Mencho tué par l’armée avec l’aide des États-Unis

En 2022, des rumeurs sur la mort d' »El Mencho » commencent à circuler. Le criminel faisait profil bas et les autorités mexicaines n’avaient pas retrouvé sa trace depuis plusieurs années. L’homme d’une cinquantaine d’années souffrait aussi de problèmes de reins qui l’avaient poussé à construire un hôpital dans une zone rurale du Jalisco, rapporte Insight crime.

Pour autant, aucune preuve tangible n’est venue prouver sa mort et les autorités mexicaines comme américaines ont continué leur traque, Washington augmentant même en 2024 le prix mis sur sa tête. 

el mencho

Un soldat monte la garde près d’un véhicule carbonisé après qu’il ait été incendié, à Cointzio, dans l’État de Michoacán, au Mexique, le dimanche 22 février 2026, à la suite de la mort du chef du cartel CJNG Nemesio Oseguera, connu sous le nom de « El Mencho ».

Photo AP/Armando Solís

Ce dimanche 22 février, l’annonce de sa mort dans son fief à Tapalpa, dans le Jalisco, se répand dans tout le Mexique. En guise de représailles, 250 incidents allant d’incendies de voitures et de magasins au blocage de grandes voies sont répertoriés dans 20 États du pays, rapporte le journal français Le MondeDes aéroports sont fermés. Des pays comme la France et les États-Unis intiment à leurs ressortissants de ne pas sortir de leurs hôtels. 

Malgré la mort de son redouté chef, âgé de 59 ans, le cartel du CJNG reste extrêmement puissant. « Je crois qu’il y aura un réajustement au sein du CJNG, nous aurons une semaine lourde en termes de réaménagements criminels. Il faudra voir qui prend le contrôle de l’entreprise criminelle », analyse Alberto Guerreo Baena auprès d’El sol de Mexico. 

Cinq noms ressortent comme potentiels successeurs, selon Víctor Sánchez Valdés, un spécialiste en sécurité nationale et du crime organisé interrogé par le journal mexicain. Parmi eux, Juan Carlos Valencia dit El 03. Le beau-fils d’El-Mencho est l’actuel responsable de la logistique du transfert de la drogue et fils d’une personnalité clef des finances du CJNG. 

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