Dans une déclaration publiée à Dakar, la Conférence des leaders du Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) a vivement dénoncé la gestion du conflit social par le gouvernement. Exigeant un dialogue immédiat avec les syndicats en grève et la fin des mesures de contrainte, le Fdr pointe l’«échec du régime Pastef-Kiiray» face à la détérioration du climat politique et social.
Face à la paralysie provoquée par le second mot d’ordre de grève générale de 72 heures lancé en octobre par les organisations syndicales, le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) est sorti de son silence. Dans un communiqué publié ce mercredi 21 octobre 2026, la Conférence des leaders de cette coalition politique a exprimé sa «pleine solidarité» avec le Front syndical de défense du travail.
Déplorant l’insuffisance des réponses apportées par l’Exécutif aux revendications issues du Pacte de stabilité sociale, le Fdr critique sévèrement la méthode gouvernementale. Selon l’opposition, l’adoption des réformes du Code du travail et du Code de la sécurité sociale s’est faite sans respecter les consensus issus des concertations tripartites, ruinant ainsi la confiance nécessaire au dialogue social. De plus, la coalition dénonce le recours aux Forces de défense et de sécurité pour la conduite des bus de Dakar Dem Dikk, ainsi que la réquisition de travailleurs dans plusieurs secteurs, qualifiant ces méthodes d’actes d’intimidation et de contrainte, en lieu et place d’une négociation responsable.
Revendications claires et accusations de collusion à l’Assemblée nationale
Afin de sortir de l’impasse, le Fdr exige de l’Etat : l’ouverture immédiate d’un dialogue social structuré, le respect effectif des engagements pris envers le monde syndical et l’arrêt systématique de toute mesure entravant le droit constitutionnel de grève.
Au-delà du marasme social, la déclaration dresse un réquisitoire politique au vitriol contre le tandem Pastef-Kiiray. Le Fdr pointe du doigt les tensions entre l’Exécutif et le Législatif autour de la Loi de finances rectificative et du projet de budget 2027, accusant les institutions d’être «absorbées par leurs rapports de force» plutôt que par le coût de la vie et la détresse des citoyens.
Les commissions d’enquête parlementaires sont également qualifiées de «comédie», le Fdr accusant la majorité d’écarter systématiquement des investigations les dossiers impliquant directement la formation au pouvoir.
Sur les plans électoral et démocratique, le Fdr accuse le pouvoir d’un blocage délibéré concernant le respect du calendrier électoral, le refus d’opérer une révision des listes d’électeurs et de discuter des modes de scrutin. Considérant que le régime a fait preuve d’un «échec» patent, la Conférence des leaders du Fdr lance un appel solennel aux Forces vives de la Nation, aux travailleurs et aux citoyens pour former un bloc uni afin de défendre les droits sociaux et sauvegarder les acquis démocratiques du pays.