Alors que les recettes du budget général subissent une révision à la baisse, les comptes d’affectation spéciale enregistrent une nette progression dans le Projet de loi de finances rectificative (Plfr) 2026. En première ligne : le Fonds intergénérationnel dont les prévisions financières quadruplent pour consolider les réserves stratégiques destinées aux générations futures.
C’est l’un des arbitrages marquants des annexes du Projet de loi de finances rectificative (Plfr) 2026. Au sein des comptes spéciaux du Trésor, les ressources allouées à la préservation de la richesse nationale connaissent une hausse spectaculaire, portée principalement par le renforcement des réserves pétrolières et gazières du pays.
Au cœur de cette restructuration, le Fonds intergénérationnel voit sa trajectoire financière passer à la vitesse supérieure. Les recettes prévues pour ce mécanisme clé bondissent de 7, 60 milliards à 30, 1 milliards de F Cfa, soit un apport net de près de 22, 5 milliards de F Cfa.
Cette envolée concrétise l’effort d’accumulation de ressources à long terme, destiné à prémunir l’économie nationale contre l’épuisement progressif des ressources naturelles et à garantir une redistribution équitable des richesses extractives au profit des générations à venir.
Une stratégie de réserve presque quadruplée
Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement d’abondement global des mécanismes de prévoyance publique : également révisé à la hausse, le Fonds de stabilisation passe de 18, 13 milliards à 70, 9 milliards de F Cfa (+52, 8 milliards), afin de renforcer le bouclier financier contre la volatilité des cours mondiaux. Ensemble, les deux fonds atteignent désormais 101 milliards de F Cfa, contre 25, 73 milliards initialement prévus, quadruplant presque leur enveloppe initiale.
Cette hausse des mécanismes de réserve constitue le principal moteur de la progression globale des comptes spéciaux du Trésor dont le volume total passe de 256, 68 milliards à 331, 95 milliards de F Cfa. En parallèle, les autres lignes d’affectation demeurent inchangées, à l’image du Fonds national de retraite (fixé à 185 milliards F Cfa) et du Fonds de restructuration des sociétés à participation publique (22, 75 milliards F Cfa).
Il convient toutefois de souligner que ces montants traduisent les orientations et prévisions chiffrées du projet budgétaire. Ils ne constituent pas, à ce stade, un relevé de sommes déjà effectivement encaissées ou placées dans les coffres de l’Etat.
De même, si le tableau comparatif du Plfr met en lumière ce soutien appuyé au Fonds intergénérationnel et à la stabilisation, il ne détaille pas encore les modalités précises
d’investissement ou de gestion opérationnelle de ces ressources. Il confirme néanmoins un choix budgétaire clair : privilégier l’épargne stratégique et la sécurité financière future, même dans un contexte de contraction des recettes
générales.