Home SantéJISSA 2026 – Pour garantir la sécurité sanitaire des aliments : Le ministre de la Santé mise sur la prévention

JISSA 2026 – Pour garantir la sécurité sanitaire des aliments : Le ministre de la Santé mise sur la prévention

by Aicha Diop

Face à la flambée mondiale des maladies chroniques et des intoxications d’origine alimentaire, la 8e édition des Journées internationales de la sécurité sanitaire des aliments (Jissa 2026) s’est ouverte hier à Dakar. Le ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy, y a lancé un vibrant appel pour intensifier la recherche, l’éducation et la prévention, afin de protéger les populations, en particulier les enfants.

Par Amadou MBODJI – La sécurité sanitaire des aliments s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur de santé publique face à la progression des maladies chroniques et à l’augmentation des cas de pathologies d’origine alimentaire à travers le monde. Réunis à la Faculté de médecine de Dakar à l’occasion de la 8e édition des Journées internationales de la sécurité sanitaire des aliments (Jissa 2026), professionnels de la santé et experts du secteur se penchent sur un défi de taille. Venu présider l’ouverture des journées scientifiques organisées par le Comité national du Codex (Cnc), le ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy, a appelé à renforcer la prévention, la recherche et la sensibilisation.

L’alimentation au cœur des maladies chroniques
Pour le ministre, le constat est sans appel : les habitudes de consommation actuelles font des ravages. «Nous vivons dans un contexte marqué par une augmentation des maladies non transmissibles, c’est-à-dire des maladies chroniques, largement liées aux modes de consommation, aux problèmes environnementaux et à d’autres facteurs. Parmi ces maladies, figurent notamment l’hypertension artérielle, le diabète et l’obésité, qui sont souvent étroitement associés à nos habitudes alimentaires et aux risques liés à une mauvaise alimentation», a-t-il alerté.
Le Dr Ibrahima Sy a rappelé que cette sécurité repose sur deux piliers essentiels : la qualité nutritionnelle (l’aptitude à répondre aux besoins de l’organisme) et la qualité hygiénique. Il est ainsi indispensable de s’assurer que les produits ne soient pas contaminés par des agents pathogènes externes lors de leur production, de leur transformation ou de leur distribution.

Eduquer face au marketing agressif
Face à ces dérives, accentuées par une industrie agroalimentaire dont les stratégies de marketing privilégient parfois les volumes de vente au détriment de la qualité sanitaire, le ministère de la Santé entend contre-attaquer. Les actions à venir reposeront sur l’éducation pour la santé, la communication et l’engagement communautaire. L’objectif est d’identifier les canaux de diffusion les plus efficaces pour sensibiliser les citoyens, avec une attention toute particulière portée aux enfants, premières victimes de la malnutrition et des produits ultra-transformés. Selon le ministre, il est crucial que chacun reprenne le contrôle de son assiette et comprenne l’impact direct de ce qu’il consomme sur sa longévité.

Pour concevoir des stratégies de changement de comportement efficaces, le Dr Ibrahima Sy insiste également sur le rôle central de la science : «Les chercheurs doivent non seulement produire des connaissances scientifiques pour identifier les causes des contaminations, mais aussi collaborer avec les professionnels de la communication pour vulgariser ces données auprès des communautés.»

Un bilan mondial alarmant
Les chiffres partagés lors de l’événement justifient pleinement cette urgence. Selon Henry Bouda, représentant de la Fao (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), cette rencontre intervient à un moment crucial. S’appuyant sur les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), il a rappelé que près de 866 millions de personnes tombent malades chaque année dans le monde après avoir consommé des aliments contaminés, entraînant environ 1, 52 million de décès.
Les enfants de moins de cinq ans paient le tribut le plus lourd, représentant près de 29% de ce fardeau sanitaire, avec 143 000 décès enregistrés. Au-delà du drame humain, les conséquences économiques sont abyssales, avec des pertes annuelles estimées à 310 milliards de dollars en dépenses de santé et en baisse de productivité.
Placée sous le thème «Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs», cette 8e édition des Jissa pose les jalons d’une prise de conscience indispensable pour que se nourrir ne soit plus un risque, mais un droit à la santé.

You may also like