La journée judiciaire de ce mardi 28 avril 2026 restera comme celle des destins croisés pour l’Alliance pour la République (Apr). Alors que Farba Ngom a recouvré la liberté, l’ancien ministre Pape Malick Ndour voit son horizon s’assombrir brutalement. La Cour suprême a confirmé son placement sous mandat de dépôt dans le cadre de l’affaire Prodac, provoquant une réaction virulente de l’intéressé.
C’est un contraste saisissant qui s’est joué dans les couloirs de la haute juridiction. Si le ciel s’est éclairci pour le maire des Agnam, qui est libre depuis hier, la journée a été bien plus sombre pour Pape Malick Ndour. Egalement inscrit au rôle, le dossier de l’ancien ministre de la Jeunesse a connu une issue radicalement opposée : la Cour a révoqué le régime de contrôle judiciaire dont il bénéficiait, ordonnant son incarcération immédiate.
Impliqué dans l’affaire dite du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour fait face à des accusations d’irrégularités financières portant sur une somme de 2, 7 milliards de francs Cfa. Jusqu’ici libre sous contrôle judiciaire, cette décision de la Cour suprême marque un tournant de rigueur dans l’instruction de ce dossier emblématique de la «reddition des comptes».
Peu après l’annonce du délibéré, Pape Malick Ndour a brisé le silence via un message empreint de gravité et de références christiques, dénonçant ce qu’il considère comme une cabale politique : «si mes lâches adversaires veulent que j’aille en prison, je le ferai la tête haute, avec la dignité qu’ils n’auront jamais. S’ils veulent que je porte ma croix, je la porterai car comme le Christ, je n’ai commis aucun crime, aucun péché», a-t-il déclaré.
L’ancien ministre mise sur la force de sa conviction personnelle face à l’épreuve carcérale : «Un homme injustement privé de liberté conserve toujours une chose que ses accusateurs n’auront jamais : la paix de la conscience.»
Un serment en guise de défense
Loin de se limiter à une simple protestation, Pape Malick Ndour a lancé un défi mystique à ses détracteurs, invitant les Sénégalais à une invocation singulière pour trancher sa culpabilité : «Ô mon Dieu, si Pape Malick Ndour a pris un seul franc sur les 2, 7 milliards dont on l’accuse, qu’il ne bénéficie jamais de Ta Miséricorde, ni ici-bas ni dans l’Au-delà. Mais s’il est innocent, accorde-lui la victoire face à ses adversaires.»
Cette audience spéciale illustre la complexité et la diversité des trajectoires judiciaires au sein de l’ancienne famille présidentielle. D’un côté, une libération pour vice de forme (Farba Ngom) ; de l’autre, une incarcération confirmée (Pape Malick Ndour). Pour les observateurs, ce contraste souligne que la bataille pour la reddition des comptes entre dans une phase décisive où chaque dossier est traité avec une spécificité procédurale qui déjoue les pronostics globaux. Pour Pape Malick Ndour, le combat se poursuit désormais derrière les barreaux, mais, selon ses mots, «la tête haute».