Il est des moments dans la vie d’une Nation où se taire devient, pour un sachant, une forme de trahison envers son Peuple. Le contexte actuel en fait indéniablement partie.
Malgré une situation économique et financière difficile, qui exige des Sénégalais une union sacrée pour la surmonter, une certaine classe politique -pourtant comptable de cette situation- semble déterminée à rendre le pays ingouvernable. Le moment est grave, et l’heure n’est ni aux calculs politiciens ni aux règlements de comptes. En effet, sur l’autel d’intérêts particuliers, bassement matériels et financiers, les valeurs fondatrices de notre cher Sénégal sont mises à mal par une opposition qui peine à exister par la force des propositions, et qui semble privilégier la reconquête du pouvoir à tout prix. S’y ajoute le comportement de certains «has been» de la politique sénégalaise qui, aux affaires, n’ont rien prouvé jusqu’ici et qui peuplent la Coalition Diomaye Président aux fins d’assouvir des ambitions personnelles. Ce n’est pas en instrumentalisant les contre-valeurs et en s’attaquant à l’homme plutôt qu’aux idées, que l’on arrive à développer ce pays. Cette stratégie contribue plutôt à affaiblir les fondements mêmes de notre République et à plomber ses objectifs de développement.
La focalisation quasi obsessionnelle sur la personne du Premier ministre, Ousmane Sonko, dépasse le cadre du débat démocratique. Elle confine parfois à une entreprise de dénigrement qui heurte nos principes républicains autant que nos valeurs religieuses, attachées à la dignité de l’être humain.
Or, aucune rancune, aucune amertume, aucune divergence politique ne saurait justifier la destruction méthodique de l’image d’un homme. Les hommes passent ; les institutions demeurent. Et l’intérêt supérieur du Sénégal dépasse toute personne, fût-elle celle du Premier ministre.
L’émergence à laquelle nous aspirons ne saurait s’accommoder de la corruption, ni du bradage de nos ressources naturelles à travers des contrats léonins. Ces pratiques détournent des ressources essentielles, affaiblissent les institutions et aggravent la pauvreté. La lutte contre ces fléaux constitue, selon le Premier ministre, un préalable indispensable à toute transformation structurelle. Ce qui est vrai.
L’industrialisation, moteur de création de richesses et de valeur ajoutée, demeure un levier central du développement. Elle suppose la maîtrise et la valorisation de nos ressources minières, agricoles et halieutiques. Sans production nationale forte, sans augmentation du Produit intérieur brut (Pib), il ne peut y avoir ni réduction durable du chômage ni amélioration significative des conditions de vie. La sortie du Premier ministre sur la reprise en main de l’exploitation du phosphate est tout à fait justifiée. Jadis pourvoyeuses de main-d’œuvre directe ou indirecte (la sous-traitance à nos Pme), de stages à nos enfants, les Ics ont vu leur effectif réduit presque de moitié depuis sa privatisation, et les Pme sénégalaises, pour la plupart, blacklistées.
Certes, la voie du redressement économique du pays exige du temps, des sacrifices et un engagement collectif, notamment à travers une contribution fiscale responsable et un soutien indéfectible et inclusif au Plan de redressement économique et social.
Peut-on voir, dans la vision portée aujourd’hui par le Premier ministre Ousmane Sonko à travers le projet Pastef, une dynamique comparable à celle impulsée jadis par Deng Xiaoping en Chine ou par Park Chung-hee en Corée du Sud ? Sans doute oui. Ces dirigeants ont inscrit leurs pays sur la voie de l’industrialisation et de la compétitivité mondiale, en s’appuyant notamment sur la discipline économique et la lutte contre certaines pratiques prédatrices. Les contextes diffèrent, les trajectoires ne sont jamais identiques, mais l’ambition de transformation structurelle mérite d’être analysée avec objectivité.
Le développement annoncé à travers l’Agenda 2050 ne saurait reposer sur l’opacité ou la dissimulation. La transparence sur la dette et la sincérité budgétaire constituent des exigences fondamentales d’une gouvernance responsable.
Plus que jamais, l’avenir du Sénégal appelle à un débat d’idées, à des propositions alternatives crédibles et à un esprit patriotique dépassant les clivages partisans. Se réjouir comme le font certains opposants des blocages émanant du Fmi résultant d’un refus de structuration de la dette -synonyme de la souffrance du Peuple- du Premier ministre relève d’un manque de patriotisme.
La jeunesse sénégalaise, véritable dividende démocratique, mérite mieux que des querelles stériles ; elle mérite une vision, un cap et une mobilisation collective. L’inféodation aux idéaux prônés par le Premier ministre Ousmane Sonko de cette vaillante jeunesse qui a porté le changement dans ce pays, trouve tout son fondement dans les qualités d’intégrité et la dimension souverainiste de l’homme.
Un lien que cette opposition, vendeuse d’illusions, qui n’est mue que par un retour au partage du gâteau, ne pourra défaire. La conviction de la jeunesse sénégalaise que c’est Ousmane Sonko l’homme de la situation actuelle pour sa vision et sa conception du pouvoir (bannissement de la corruption, réappropriation de nos ressources, etc.), va au-delà du périmètre de cette jeunesse pour s’étendre sur celui de la grande majorité des adultes, témoins des prévarications qui ont mis ce pays à genoux (rapports du Groupe de la Banque mondiale : «Capture of Foreign Aid, en français : l’aide financière accaparée par les élites»).
Le Sénégal ne gagnera ni par la diabolisation, ni par l’aveuglement, mais par le travail, l’intégrité et la confrontation loyale des projets autour d’une union sacrée.