En visite à Fissel ce samedi, le Premier ministre Ousmane Sonko a marqué les esprits en inaugurant le nouveau siège local de Pastef. Entre offensive politique contre l’opposition et annonce de projets d’électrification, le chef du gouvernement a réaffirmé son ambition de rupture économique, tout en promettant toute la lumière sur les récentes polémiques liées à l’Aser.
Par Alioune Badara CISS – En déplacement dans la localité de Fissel ce samedi, le Premier ministre Ousmane Sonko a profité de l’inauguration du nouveau siège local de son parti pour réaffirmer son programme de rupture. Entre attaques contre ses détracteurs, promesses d’électrification et souveraineté économique, le chef du gouvernement a dressé une feuille de route offensive.
Face à une foule de militants mobilisés, le leader de Pastef n’a pas retenu ses coups envers l’opposition. Balayant d’un revers de main les critiques formulées contre son action, il a appelé à un patriotisme de terrain plutôt qu’à la «contestation de salon». «Ceux qui passent leur temps à râler ne contribuent en rien à l’effort de construction nationale», a-t-il martelé, précisant que le patriotisme se traduit avant tout par «le travail, la retenue et l’engagement exclusif au service du pays».
Au-delà de la joute politique, le Premier ministre a esquissé les contours de sa vision économique. Critiquant les choix de l’ancien régime, notamment les grands chantiers immobiliers de Diamniadio, Ousmane Sonko prône un retour aux secteurs productifs de base pour résorber le chômage. «Il est nécessaire d’investir davantage dans l’agriculture, l’élevage et l’industrialisation», a-t-il plaidé, y voyant les seuls leviers de création de valeur ajoutée pour la jeunesse. Sur le plan de la souveraineté, le ton est resté ferme : «le pays ne sera ni bradé ni vendu», a-t-il assuré, promettant de réviser les contrats jugés défavorables aux intérêts nationaux.
L’étape de Fissel a également permis aux populations locales de soumettre leurs doléances, particulièrement concernant l’accès à l’énergie. En réponse, le Premier ministre a annoncé l’électrification prochaine de 35 villages, tout en égratignant ceux qu’il accuse d’entraver les projets par des procédures infondées.
Evoquant à demi-mot les récentes polémiques entourant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser), il a fustigé la «méchanceté» de certains acteurs basés à Dakar. «Voilà maintenant deux ans qu’ils bloquent le programme le plus important dans ce domaine sur la base d’accusations sans tête ni queue. Notre régime n’a rien à cacher», a-t-il déclaré avec force.
Pour clore ce dossier, Ousmane Sonko a donné rendez-vous aux Sénégalais en début de semaine : Jean Michel Sène, directeur de l’Aser, tiendra une conférence de presse, aujourd’hui ou demain, pour apporter des clarifications définitives sur cette affaire.