Home AfriqueSénégal, Maroc, Tchad… Quelles sont les réactions en Afrique après les frappes en Iran et ses représailles au Moyen-Orient?

Sénégal, Maroc, Tchad… Quelles sont les réactions en Afrique après les frappes en Iran et ses représailles au Moyen-Orient?

by Aicha Diop

À Dakar, Pretoria, N’Djamena… De nombreuses capitales africaines réagissent à l’offensive américano-israélienne, lancée ce samedi 28 février contre l’Iran, pour faire tomber la République Islamique. Les deux pays ont massivement bombardé l’Iran, ciblant les installations nucléaires et les infrastructures de défense. Le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué dans les premières frappes du week-end, ainsi qu’au moins 555 personnes selon le Croissant-Rouge iranien. En Afrique, certains pays ont communiqué leurs inquiétudes, d’autres ont condamné l’attaque des États-Unis et d’Israël.

Le Maroc condamne les attaques de l’Iran contre les pays du Golfe

Parmi les premières réactions figure l’Union africaine. Dans un communiqué, le président de la Commission, Mahamoud Ali Youssouf, a exprimé sa crainte de l’escalade qui « risque d’aggraver l’instabilité mondiale ». Dans son message, le diplomate djiboutien à la tête de l’institution panafricaine prévient sur la possibilité « de graves conséquences pour les marchés énergétiques, la sécurité alimentaire et la résilience économique, en particulier en Afrique, où les conflits et les pressions économiques restent vifs« .

Après l’attaque d’Israël et des États-Unis contre l’Iran, les réactions en Afrique se multiplient.

Dans une seconde annonce, l’Union africaine a condamné les attaques de missiles et de drones iraniens contre ses voisins de Bahreïn, Qatar, Émirats arabes unis, Koweït et Arabie saoudite.

Le Maroc a également tenu à dénoncer les attaques de l’Iran ciblant les pays du Golfe. « Le Royaume du Maroc considère cette agression comme une violation flagrante de la souveraineté nationale de ces États, une atteinte inacceptable à leur sécurité et une menace directe à la stabilité de la région« , indique le communiqué.

Le Sénégal condamne « l’usage de la force » en Iran

Le Sénégal a été l’un des premiers pays d’Afrique à réagir aux frappes en Iran. Dans une déclaration du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Dakar a condamné « l’usage de la force » comme « une menace pour la souveraineté des États et la stabilité mondiale.

« On est en train de violer de façon délibérée et unilatérale le droit international », assure Alioune Tine, fondateur du groupe de réflexion Afrikajom Center, à TV5MONDE. L’offensive américano-israélienne « affaiblit les Nations unies » et positionne les États-Unis comme « le pays le plus puissant, avec un président qui peut faire ce qu’il veut tout simplement parce qu’il a les armes« . 

« Nous vivons une période extrêmement difficile où la plupart des pays souverains qui n’ont pas de forces armées, ni d’arme nucléaire, sont des pays en sursis. »

Alioune Tine, fondateur du groupe de réflexion Afrikajom Center

Après avoir exprimé « notre compassion fraternelle à l’Ayatollah Khamenei. Ainsi qu’à l’ensemble du peuple frère d’Iran face à cette adversité qui frappe une nation sœur », le président du Tchad Mahamat Idriss Déby a aussi voulu condamner avec fermeté les attaques iraniennes contre des pays frères. 

Pas de la légitime défense selon l’Afrique du Sud

Le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, a assuré sa « profonde inquiétude » face à l’escalade des tensions dans la région. Il a appelé toutes les parties à faire preuve de « la plus grande retenue« . L’Afrique du Sud, membre des BRICS tout comme l’Iran, a aussi tenu a rappeler que l’argument israélien de « frappe préventive » n’est pas valable car la légitime défense ne peut être exercée de manière préventive.

L’ANC, parti au pouvoir, est allé plus loin en demandant la fin des « tactiques d’intimidation des États-Unis » au Moyen-Orient. « Notre position est de toujours désapprouver toute attaque contre un autre État, quelles qu’en soient les raisons« , a déclaré un dirigeant du parti.

Les autorités sénégalaises ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et ont déclaré que la diplomatie restait « la seule voie crédible et durable » pour résoudre le conflit. L’Algérie, le Kenya et le Ghana ont aussi appelé à un cessez-le-feu et exhortent leurs ressortissants à faire preuve de prudence.

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