Le ministre de l’Industrie et du commerce, Dr Serigne Guèye Diop, a profité hier de l’ouverture du Dakar industrial investment forum (Diif 2026) organisé par Manufacturing Africa, un programme de la Coopération britannique, pour appeler les investisseurs étrangers à faire des joint-ventures avec des entrepreneurs sénégalais pour accélérer l’industrialisation au Sénégal.
Par Dialigué FAYE – Manufacturing Africa, un programme de la Coopération britannique, a organisé, en partenariat avec le ministère de l’Industrie et du commerce, l’édition 2026 du Dakar industrial investment forum (Diif 2026). Une occasion pour le ministre sénégalais de l’Industrie et du commerce d’appeler les investisseurs étrangers à venir investir au Sénégal, en collaboration avec les entrepreneurs sénégalais. «L’une de nos priorités, maintenant, c’est d’aller à Paris, à Londres, chercher des co-investisseurs. Notre souveraineté, il faut bien la comprendre. C’est d’abord le Sénégalais, l’entreprise sénégalaise. Mais nous ne sommes pas un pays qui est fermé au reste du monde. On a besoin d’une chose que nous n’avons pas, notamment la science et la technologie. Donc, nous avons besoin de nous ouvrir non seulement aux Ide (Investissements directs étrangers), mais également aux joint-ventures, de signer des contrats, de travailler avec les institutions étrangères, parce qu’ils ont deux choses qu’on n’a pas, la technologie, le financement. On a ainsi prévu d’aller à Londres cette année, en Allemagne, au Japon… pour chercher des partenaires», a fait savoir Dr Serigne Guèye Diop.
En effet, explique le ministre, «aucun pays ne s’est développé seul. La Turquie, on sait qu’elle a bénéficié du support des Turcs et de l’Allemagne qui était juste à côté, qui ont permis de transférer beaucoup de technologies. La Chine a ouvert son marché. Au départ, c’étaient des entreprises étrangères qui étaient venues pour développer ces premières zones économiques spéciales. Le Sénégal ne fera pas exception». «Tous les pays qui veulent nous aider doivent nous permettre d’aller dans leurs pays, de faire des joint-ventures, venir au Sénégal, travailler avec les partenaires sénégalais», plaide M. Diop.
Auparavant, il est largement revenu sur les efforts consentis par le gouvernement pour offrir aux investisseurs des avantages compétitifs au Sénégal. Pour faciliter l’accès au foncier, qui est l’une des contraintes des investisseurs, le gouvernement a décidé de créer au niveau des 46 départements du Sénégal, des zones économiques spéciales. Les entreprises seront également protégées, a promis Serigne Guèye Diop. Il annonce que les entreprises seront protégées contre les mauvaises pratiques, les contrôles inopinés. «La corruption est un des fléaux sur lesquels notre gouvernement est intraitable. Il faudrait que le secteur privé soit protégé. La corruption, c’est une gangrène. Tant que vous ne luttez pas contre la corruption, vous ne pouvez jamais développer l’industrie. Tout le monde doit payer les mêmes taxes, tout le monde doit aussi avoir des droits. On ne peut pas laisser l’entreprise tout le temps sous ce système très difficile», souligne le ministre. Qui invoque également les réformes entreprises, notamment le nouveau Code des investissements. «On va avoir le Code de l’industrialisation. On aura encore beaucoup de réformes sur l’énergie. Le courant va baisser», dit-il aux participants au Diif 2026.
L’objectif de ce forum est, selon Néomie Chomet, Conseillère économique à l’ambassade du Royaume-Uni et responsable du programme Manufacturing Africa, «de mobiliser des investissements pour soutenir la transformation économique et l’industrialisation du Sénégal. Le Diif vise à approfondir le dialogue entre les acteurs industriels en mettant en avant les priorités industrielles de l’Agenda 2050 et en donnant une place centrale aux entreprises». La Coopération britannique, via Manufacturing Africa, accompagne les entreprises sénégalaises dans la structuration de projets et soutient la mobilisation de financements. Le programme a accompagné plus de 20 entreprises à fort potentiel, facilitant la mobilisation de 260 millions de dollars d’investissements directs étrangers, renseigne Mme Chomet. «Il faut renforcer la disponibilité des projets bancables. Même si les financements existent, il faut des projets bien structurés et prêts à être financés», exhorte la Conseillère économique.
Manufacturing Africa apporte également un appui ciblé au ministère de l’Industrie et du commerce, notamment lors des Etats généraux de l’Industrie, dans l’élaboration du Livre blanc de la Politique industrielle et commerciale 2050, ainsi que dans la mise en place et la montée en puissance de la Delivery Unit du ministère de l’Industrie et du commerce.