La coalition nationale «Publiez ce que vous payez» (Pcqvp-Sénégal) appelle à une réforme des codes extractifs intégrant les enjeux climatiques et la réduction des émissions de méthane.
Par Dialigué FAYE – «Une réforme inclusive, transparente et bas carbone des codes extractifs au Sénégal : enjeux climatiques et réduction des émissions de Gaz à effet de serre (Ges), notamment le méthane», tel est le plaidoyer de la coalition nationale «Publiez ce que vous payez» (Pcqvp-Sénégal). Face à la presse, cette organisation de la Société civile sénégalaise a alerté les autorités, mais également l’opinion, sur le niveau de pollution liée au méthane. «Les émissions de méthane (Ch1) représentent un enjeu critique. Le méthane est responsable d’environ 30% du réchauffement climatique global et possède un pouvoir de réchauffement plus de 80 fois supérieur au Co2, sur 20 ans. Le secteur pétrolier et gazier constitue l’une des principales sources anthropiques de méthane, notamment à travers les fuites fugitives, le torchage, le dégazage et les opérations de production et de transport», renseigne le président de Pcqvp-Sénégal, Dr Papa Fara Diallo.
Et malheureusement, le Sénégal n’est pas bien outillé pour faire face à cette situation. La coalition Pcqvp considère que le cadre juridique sénégalais présente «plusieurs insuffisances majeures, notamment l’absence d’obligation stricte de mesure et de reporting des émissions ; le manque de transparence sur les données environnementales ; la faiblesse des dispositifs de contrôle et de sanction ; et l’absence de normes claires pour limiter le torchage et les fuites de méthane». Elle interpelle ainsi les décideurs sur la nécessité d’intégrer pleinement les enjeux climatiques, notamment la réduction des émissions de méthane, dans la réforme des codes extractifs en cours.
Saluant ce projet de réforme, la coalition suggère «plus d’inclusion, notamment en ce qui concerne la participation des communautés locales (femmes, jeunes, personnes handicapées), l’implication des organisations de base et la prise en compte des préoccupations environnementales». Elle rappelle que le développement du secteur extractif doit impérativement être compatible avec les engagements climatiques du pays, en particulier sa Contribution déterminée au niveau national (Cdn).
A l’issue des consultations qu’elle avait organisées en décembre 2025, la coalition Pcqvp a formulé plusieurs recommandations. Elle suggère «d’intégrer des mécanismes obligatoires de Mesure, reporting et vérification (Mrv) des émissions de Ges, d’encadrer strictement le torchage et le dégazage, de garantir la transparence des données environnementales, de renforcer les mécanismes de contrôle et de sanction, d’assurer une participation effective des communautés locales, d’aligner les codes extractifs avec les engagements climatiques internationaux du Sénégal». Elle appelle «les autorités sénégalaises à adopter une réforme des codes extractifs inclusive, transparente, responsable sur le plan environnemental et compatible avec une trajectoire de développement bas carbone». Elle invite également «les partenaires techniques et financiers à soutenir cette dynamique pour garantir une exploitation durable et équitable des ressources naturelles».