Alors que beaucoup attendent un appel de la défense, après les sanctions infligées aux 18 supporters sénégalais, les avocats semblent plus opter pour une demande de grâce. Une stratégie théorisée par Me Patrick Kabou, avocat de la défense.
Par Woury DIALLO – Les 18 supporters sénégalais ont été condamnés à des peines de prison allant de trois mois à un an ferme par le Tribunal de Rabat, accompagnées d’amendes allant de 1200 à 5000 dirhams. Une sentence jugée trop lourde par bon nombre de Sénégalais. Mieux encore, beaucoup n’ont pas hésité à s’en prendre à la défense qu’ils accusent de ne pas s’impliquer davantage dans le dossier, pour la libération des Sénégalais. En effet, quelques heures après la condamnation par le Parquet de Rabat, certains n’ont pas hésité à demander aux avocats de contester la décision en faisant appel.
Dans une déclaration rendue publique dimanche, Me Patrick Kabou avait indiqué que «les audiences se sont déroulées en violation des principes du procès équitable. Il dénonce notamment l’absence d’avocat et d’interprète en wolof durant les enquêtes, ainsi que l’impossibilité pour les prévenus de préparer leur défense».
L’avocat de la défense de poursuivre : «Ce n’est pas par hasard qu’ils ont été condamnés à exactement ce qui ouvre la voie à certaines procédures. Trois mois et pas au-delà de 12 mois. Tous ceux qui font de la procédure au Maroc et qui connaissent bien le Code pénal et le Code de procédure pénale savent que c’est une invitation à quelque chose.»
A en croire Me Kabou, «les procédures pénales internationales, c’est un dialogue entre les avocats et les juges. Nous avons très bien analysé ces condamnations. On a bien lu le message. Un message qui a été bien compris. On fera les actes de procédures qui répondront à cela. C’est une lecture assez claire qu’on a de là où on veut nous inviter et on est prêts à répondre là-bas».
Sur ce chapitre, même si la défense dispose de près d’une semaine pour faire appel, elle devrait plutôt opter pour la demande de grâce à l’Etat marocain afin d’aboutir à la libération des 18 supporters sénégalais, arrêtés le 18 janvier dernier, jour de la finale de la Can 2025.