Après plus d’un an de détention préventive, l’ancien ministre de l’Industrie et président du parti Farlu, poursuivi dans deux dossiers distincts au niveau du Pjf et de la Haute cour de justice, a bénéficié, ce mercredi, d’une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire. Accueilli en héros par une foule de partisans à sa sortie de la prison de Rebeuss, l’édile de Louga a salué la dignité avec laquelle il a traversé cette épreuve, tout en donnant rendez-vous à ses partisans dans son fief politique pour de prochaines déclarations.
Une ambiance des grands jours régnait ce mercredi après-midi aux abords de la prison de Rebeuss. Après plus de douze mois passés derrière les barreaux, l’ancien ministre de l’Industrie et actuel maire de Louga, Moustapha Diop, poursuivi par le Pool judiciaire financier (Pjf) dans le cadre de l’affaire Tabaski Ngom et aussi par la Haute cour de justice dans le dossier du fonds Covid-19, a humé l’air de la liberté. Dès sa sortie, l’homme politique a été submergé par une marée humaine composée de partisans enthousiastes, de sympathisants et de proches venus célébrer son élargissement.
Au milieu de ce rassemblement imposant, le président du parti Farlu a improvisé une brève déclaration face aux nombreux médias sur place. Loin de montrer des signes d’abattement, Moustapha Diop a affirmé avoir vécu son séjour carcéral comme une épreuve divine. «C’est une mission que Dieu m’avait assignée. Durant toute cette période, les Sénégalais m’ont témoigné leur attachement. Chaque jour, des compatriotes venaient me rendre visite là où j’étais», a-t-il confié avec émotion.
L’élu local a insisté sur la force morale qui l’a animé tout au long de cette détention : «J’ai vécu cette épreuve dignement et je la considère aujourd’hui comme une mission accomplie.» Avant de quitter les lieux, il a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers ses soutiens et l’ensemble des Sénégalais pour les multiples marques de solidarité reçues.
Si cette libération marque la fin d’une longue période d’isolement, le feuilleton politico-judiciaire est loin d’être terminé. Moustapha Diop a d’ailleurs d’ores et déjà annoncé qu’il s’exprimera de manière beaucoup plus détaillée dans les prochains jours depuis son fief de Louga. Ce retour très attendu sur ses terres sera l’occasion pour lui de revenir sur le fond de l’affaire et de tracer ses futures perspectives politiques.
Les contours juridiques d’une liberté sous conditions
Poursuivi dans le cadre d’une procédure judiciaire, le soulagement est donc réel mais provisoire pour l’édile de Louga. En effet, la mesure dont il bénéficie met fin à sa détention préventive sans pour autant le soustraire aux obligations de la justice. Moustapha Diop reste pleinement soumis aux contraintes fixées par le magistrat instructeur.
Le contrôle judiciaire, qui fait office d’alternative à la prison, impose généralement plusieurs restrictions au mis en cause pour le maintenir à la disposition de la Justice. Parmi elles : l’obligation de se présenter périodiquement au greffe ou au Commissariat, l’interdiction de quitter un territoire déterminé (interdiction de voyager) et la restriction de contacts avec certaines personnes liées au dossier.
Le sort de la figure politique lougatoise reste donc suspendu aux prochaines étapes de l’instruction, qui détermineront la suite finale réservée à cette affaire.