Home PolitiqueMassaly : «Nous ne pouvons rester silencieux face à une telle dérive»

Massaly : «Nous ne pouvons rester silencieux face à une telle dérive»

by Aicha Diop

Face à ce qu’il qualifie de «moment de bascule» pour la démocratie sénégalaise, le président de l’Union pour une nouvelle République (Unr), Mouhamadou Lamine Massaly, sort du silence. Dans un réquisitoire sévère, il fustige une méthode gouvernementale imposant des réformes institutionnelles sans concertation préalable réelle et appelle les forces vives de la Nation à une mobilisation déterminée avant le vote fatidique à l’Assemblée.

Le président de l’Unr ne mâche pas ses mots concernant les réformes en cours, notamment celles touchant à la Cour constitutionnelle et à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Selon lui, le «consensus» vanté par les autorités est une construction artificielle qui exclut des pans entiers de l’opposition et de la Société civile. «Le mot «consensus» ne doit pas être utilisé pour masquer une réalité tout autre. Il ne doit pas devenir un outil de communication destiné à légitimer une démarche qui ne l’est pas.» Pour Massaly, une démocratie ne peut se décréter ; elle exige une inclusion sincère que le pouvoir actuel semble ignorer.

L’un des points de crispation majeurs soulevés par le leader politique réside dans la chronologie des événements. Inviter les acteurs à discuter après le vote d’une loi est, à ses yeux, une aberration démocratique. «Une discussion organisée après coup n’est pas une concertation, c’est une formalité», assène-t-il, rappelant que toute influence réelle sur le texte doit s’exercer en amont.
Au-delà de la forme, l’inquiétude porte sur l’indépendance réelle des futures institutions. Massaly s’interroge sur les critères de nomination et l’absence de contre-pouvoirs clairs, craignant que le changement de nom des structures ne garantisse en rien leur impartialité.

Un appel solennel à la résistance pacifique
Face à ce qu’il perçoit comme une menace pour le modèle démocratique sénégalais, Mouhamadou Lamine Massaly lance un appel vibrant à la responsabilité collective. Il exhorte les forces politiques à ne pas «cautionner des démarches dont l’issue semble déjà écrite» et demande à la Société civile de jouer son rôle de rempart.

En conclusion, le président de l’Unr rejette tout fatalisme. Il appelle à une mobilisation immédiate, pacifique mais ferme, martelant que l’histoire retiendra ceux qui ont agi avant qu’il ne soit trop tard. «L’urgence est d’agir maintenant, pas demain. Avant le vote, pas après.»

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