Hier, Rayan Cherki a encore livré une sacrée prestation sous le maillot de Manchester City. En Angleterre, le Français est en train de conquérir tout le monde.
«Du calme. Il est si jeune». Voici ce qu’a répondu Pep Guardiola quand un journaliste lui a demandé si Rayan Cherki pourrait être élu meilleur joueur de Premier League. Ce qui est sûr, c’est qu’il est déjà l’une des meilleures recrues de la saison 2025-26 en Angleterre, si ce n’est la meilleure. Arrivé de Lyon, le Français a su trouver sa place sur le terrain comme en dehors dans un vestiaire peuplé de grands noms et sous les ordres de l’exigeant Guardiola. Très à l’aise comme à son habitude, le natif de Lyon est en train de monter en puissance, lui qui a de plus en plus la confiance de son entraîneur. Il y a quelques semaines, beaucoup ne comprenaient pas le traitement de l’Espagnol avec Cherki, qui faisait office de remplaçant alors qu’il montrait plutôt de bonnes choses.
Le show Cherki
À présent, Cherki met presque tout le monde d’accord. Certains ne sont toujours pas fan, comme Christophe Dugarry. « Quel est ce joueur qui peut se permettre de s’arrêter quand il perd le ballon ? Quel est ce joueur qui, à chaque fois qu’il touche le ballon, est en représentation ? Arrêtez de parler de Cherki comme ça. (…) On est tous d’accord, c’est un très bon joueur, il n’y a aucun doute. Mais excusez-moi, il a quoi de plus qu’Olise, Doué, Dembélé, Barcola et plein d’autres ? Mais arrêtez ! Aujourd’hui, Cherki sera dans la rotation, et tant mieux pour l’équipe de France, mais il n’y a rien de plus. C’est un joueur qui a encore besoin de régularité et d’être bien meilleur sur la durée. Il a besoin de montrer, de prouver, de démontrer… Oh, Cherki, ce n’est pas Zidane.»
Personne à part lui ne l’a comparé à Zizou. Il n’y a qu’un seul Zinedine Zidane, comme il n’y a qu’un seul Rayan Cherki. Et on a vu sa meilleure version hier à l’Etihad Stadium dans un match crucial face à Arsenal en Premier League. Titulaire, le Frenchy de 22 ans, qui apprend toujours, a régalé avec un but somptueux et une prestation très solide. La presse britannique, visiblement moins dure que Dugarry, a été conquise. Goal lui a attribué un 9 et a ajouté : c’est forcément lui qui a débloqué le match grâce à un éclair de génie. Il a produit une autre action étincelante pour mettre Semenyo sur la voie du succès, mais le contrôle de son coéquipier l’a trahi. The Guardian a aussi été emballé et l’a crédité d’un 8.
L’Angleterre est à genou
«Rayan Cherki a touché le poteau, a perdu le ballon, puis quel but ! Il a ébloui la défense adverse pour marquer le plus beau but individuel de la saison, compte tenu de l’enjeu.» Le Manchester Evening News lui a donné la même note et a précisé : «quel but pour ouvrir le score ! Il a démontré sa capacité à allier art et efficacité. Arsenal n’a jamais été à l’aise face à lui.» The Athletic conclut en écrivant à son sujet : «un moment de magie de Rayan Cherki qui a ouvert le score en dansant à travers la défense d’Arsenal.» Avec cette nouvelle réalisation, le joueur né en 2003 affiche un bilan de 10 buts et 13 assists en 44 apparitions toutes compétitions confondues.TNT Sports précise d’ailleurs qu’il est le seul joueur de Premier League à avoir marqué plus de 10 buts et délivré plus de 10 passes décisives toutes compétitions confondues cette saison.
Bref, l’Angleterre est en train de succomber au charme du joueur, dont la valeur est passée de 45 à 65 M€ en 10 mois selon transfermarkt. En janvier dernier, l’Observatoire du CIES estimait son prix à 101 M€. Du côté de Liverpool, des fans regrettent d’ailleurs que leur club ait payé plus de 100 M€ pour Florian Wirtz quand Cherki, qui était le plan B, a été acheté pour 36,5 M€ (hors bonus) et se montre plus intéressant pour le moment. Idem au Real Madrid où les supporters estiment que Florentino Pérez aurait dû miser sur lui plutôt que sur Franco Mastantuono. Erling Haaland ne s’en plaindra pas. « On a vu lorsqu’il est arrivé. Il n’a pas joué tous les matches cette saison, mais je l’adore. On a fait une très bonne affaire avec l’OL. Je suis très heureux de jouer avec lui. Il a quelque chose de très spécial et compliqué à comprendre (rires).» Avec un Cherki à un tel niveau, les Mancuniens peuvent rêver plus grand. Les Bleus aussi. Le joueur formé à l’OL est une belle arme pour Didier Deschamps, qui compte bien en tirer le meilleur lors du Mondial 2026.