Célébrée cette année à Saré Yoba Diéga, la Journée nationale de l’arbre a été l’occasion pour le ministre Mamadou Lamine Dianté de plaider pour la préservation du patrimoine forestier du Fouladou. Face aux fortes pertes enregistrées après chaque campagne de reboisement, un appel pressant est lancé aux populations pour assurer l’arrosage et la protection des jeunes pousses contre la divagation du bétail et les feux de brousse.
Par Aladji BADJILANG – Plusieurs centaines de plants ont été mis en terre à l’occasion de la Journée nationale de l’arbre. L’événement, qui s’est déroulé dans la commune de Saré Yoba Diéga (département de Kolda), vise à régénérer la biodiversité et à restaurer le couvert forestier régional. Au-delà du geste symbolique, cette journée a servi de cadre de sensibilisation sur le rôle crucial de l’arbre, cet être vivant indispensable à la survie de l’humanité.
Saisissant cette opportunité, le ministre de la Fonction publique et de la réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a vivement interpellé les populations du Sénégal, particulièrement celles du Fouladou, sur la nécessité d’assurer un suivi régulier des arbres plantés. Selon le ministre, ce suivi doit se traduire par une protection efficace contre la divagation des animaux et les feux de brousse, mais aussi par un arrosage régulier durant la saison sèche, notamment pour les sujets installés à proximité des habitations.
Un périmètre reboisé et des essences d’avenir
A Saré Yoba Diéga, autorités administratives et locales ont chacune mis en terre un arbre sur une vaste parcelle destinée à devenir, à terme, une véritable forêt miniature. Lors des démonstrations, l’Inspecteur régional des Eaux et forêts (Iref) de Kolda, le Colonel Ndiogou, a captivé l’assistance en détaillant les vertus des arbres parrains de cette édition : le néré (Parkia biglobosa) et le moringa (Moringa oleifera). En plus de leurs multiples apports nutritionnels et thérapeutiques, ces essences jouent un rôle écologique majeur en fixant les sols et en freinant le ruissellement des eaux de pluie.
Ce phénomène d’érosion constitue d’ailleurs une menace directe pour le fleuve Casamance. Traversant la commune de Kolda, ce cours d’eau subit un ensablement continu provoqué par les eaux de ruissellement. Face à cette dégradation quotidienne, les acteurs environnementaux soulignent l’urgence de mener des campagnes de reboisement ciblées le long des berges pour stabiliser le lit du fleuve.
Le défi de la survie des plants
Si chaque édition de la Journée de l’arbre donne lieu à des plantations massives, la pérennité de ces actions reste un défi majeur. Faute d’entretien, une grande partie des jeunes pousses disparaît prématurément. «Sur dix arbres plantés, seule la moitié réussit à survivre», alerte Dicory Baldé, écologiste de formation, qui milite pour un plan de suivi rigoureux afin de concrétiser l’ambition d’un «Kolda vert».
L’appel lancé par le ministre Mamadou Lamine Dianté trouve ainsi un écho particulier auprès des communautés locales. Celles-ci se disent prêtes à se mobiliser pour veiller sur ces jeunes plants et bénéficier, dans un avenir proche, de leurs vertus médicinales, nutritives et écologiques.