Home SociétéGrogne – Climat social tendu à la Senelec : Les travailleurs menacent de dérouler leur plan d’actions

Grogne – Climat social tendu à la Senelec : Les travailleurs menacent de dérouler leur plan d’actions

by Aicha Diop

Face à ce qu’ils qualifient de «tentative de régression sociale», les agents de la Senelec, réunis au sein de la Convergence syndicale des travailleurs de la Senelec (Csts), sont montés au créneau hier lors d’une conférence de presse. Arborant des brassards rouges, ils fustigent la remise en cause de leurs acquis sociaux malgré des performances financières et techniques historiques. Les syndicalistes menacent de paralyser le secteur si la direction ne revoit pas sa copie.

Par Justin GOMIS – Un acquis social ne se reprend pas. Les autorités de la Senelec semblent l’ignorer, mais c’est sans compter avec les travailleurs qui y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. Suite à une conférence de presse organisée hier pour informer l’opinion publique, la Convergence syndicale des travailleurs de la Senelec (Csts) menace de mettre en branle son plan d’actions pour obtenir gain de cause face à la détérioration des conditions sociales.
«Grâce à leur engagement, à leur attachement, à leur sens élevé du devoir et à leur résilience face aux contraintes inhérentes à toute activité d’entreprise, la Senelec a enregistré, ces dernières années, des performances historiques reconnues», a d’emblée salué Serge Louis Déthié Cissé, Secrétaire général du Syndicat des cadres de la Senelec (Sycas). Face aux journalistes, ce membre de la Csts a tenu à rappeler que ces résultats exceptionnels «ne sont ni le fruit du hasard ni d’un miracle». Ils sont avant tout «l’œuvre de femmes et d’hommes qui, chaque jour, portent la Senelec à bout de bras».
Pourtant, le constat est amer pour les agents de la boîte, qui estiment ne pas jouir des fruits de ces performances remarquables. Et les chiffres égrainés par le syndicaliste parlent d’eux-mêmes : un rendement global en hausse, passant de 81, 9% en 2024 à 83, 1% en 2025, une réduction de la compensation tarifaire de 21, 6% en 2025, soit une économie de 46 milliards de francs Cfa pour l’Etat, une baisse des charges de fonctionnement de 5% en 2025, un bénéfice annuel en progression de 4%, grimpant de 34 milliards de francs Cfa en 2024 à 36 milliards de francs Cfa en 2025, un réseau renforcé, avec des lignes haute tension qui passent de 580 km en 2018 à 1678 km en 2025, et une pointe globale passée de 560 Mw en 2016 à 1342 Mw en 2026. Ces résultats techniques et financiers placent aujourd’hui la Senelec parmi «les quatre meilleures sociétés d’électricité de l’Afrique de l’Ouest», s’enorgueillit M. Cissé.

Les travailleurs refusent d’être des «victimes expiatoires»
Au vu de ces efforts soutenus, la convergence syndicale juge inacceptable que les droits sociaux acquis légalement par le personnel soient aujourd’hui remis en question sous prétexte de tensions de trésorerie. «Ceux qui ont créé la richesse pour les actionnaires de l’entreprise sont, aujourd’hui, malheureusement invités à supporter les conséquences de difficultés financières dont ils ne sont ni les auteurs ni les responsables», s’est désolé le Secrétaire général du Sycas.
Pour la Csts, il est hors de question que les agents servent de variables d’ajustement ou de «victimes expiatoires de créances non recouvrées, d’engagements financiers non honorés ou de décisions relevant d’autres acteurs». Les syndicalistes rappellent avec fermeté le principe selon lequel «un acquis social obtenu par les travailleurs de la Senelec est protégé par les textes légaux et réglementaires, et légitimé par les performances».

Vers un bras de fer électrique
Déterminés à se faire entendre, de nombreux travailleurs, présents à la rencontre, arboraient des brassards rouges, annonçant la couleur de la confrontation à venir. Le ton est à la mobilisation générale et à la mise en garde ferme envers la Direction générale et les autorités de tutelle.
«La Csts informe l’opinion du déroulement d’un plan d’actions progressif, responsable et unitaire avec toute la détermination qu’impose la situation. Toute tentative de régression sociale trouvera face à elle une riposte syndicale proportionnelle à la gravité des attaques portées contre nos nobles acquis», a prévenu Serge Louis Déthié Cissé.
Avant de conclure, le leader syndical a envoyé un message clair aux décideurs politiques : «Nous attirons l’attention des autorités que toute réforme dans le sous-secteur ne peut prospérer sans l’implication des travailleurs.» L’appel à l’unité est lancé, le courant est désormais coupé entre la direction et les agents, et le spectre d’un mouvement d’humeur d’envergure plane sur la distribution de l’électricité.

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