Par une décision majeure du Président Bassirou Diomaye Faye, le Sénégal a officialisé, ce dimanche 31 mai 2026, la candidature du Général d’Armée aérienne Birame Diop, actuel ministre des Forces armées, au poste de président de la Commission de la Cedeao. Face à une crise régionale sans précédent, Dakar déploie son plus haut profil stratégique et diplomatique pour redynamiser l’institution ouest-africaine lors du prochain sommet de juillet.
L’information s’impose déjà comme un tournant politique majeur pour l’avenir de l’Afrique de l’Ouest. Par le biais d’un communiqué officiel du ministère de l’Intégration africaine et des affaires étrangères publié ce 31 mai 2026, le président de la République du Sénégal a annoncé la candidature du Général d’Armée aérienne Birame Diop à la présidence de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Cette proposition sera formellement soumise aux chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet de l’organisation prévu en juillet.
Actuel ministre des Forces armées de la République du Sénégal, le Général Birame Diop incarne, selon les autorités dakaroises, le profil idéal pour redresser et guider une communauté sous-régionale en quête de repères et de réformes structurelles. A travers ce choix, le Sénégal réaffirme son leadership historique et sa volonté d’apporter une réponse rigoureuse aux secousses politiques et sécuritaires qui ébranlent l’espace communautaire.
Un profil militaire face aux crises de la sous-région
L’argumentaire de la diplomatie sénégalaise est limpide : proposer une figure dotée d’une autorité morale et d’une expérience de terrain incontestables. La Cedeao fait face à des défis institutionnels et sécuritaires sans précédent, et dans ce contexte mouvant, Dakar vante «une personnalité de grande valeur, reconnue pour son leadership, son intégrité, son expérience du commandement et sa profonde connaissance des enjeux de paix, de sécurité, de gouvernance et d’intégration régionale».
Le parcours du Général Diop plaide largement en sa faveur. Avant de rejoindre le gouvernement, l’homme a gravi tous les échelons de l’appareil militaire sénégalais, occupant successivement les fonctions hautement stratégiques de Chef d’état-major général des Armées (Cemga), de Chef d’état-major particulier du président de la République, ainsi que de Chef d’état-major de l’Armée de l’air.
Une envergure internationale et académique reconnue
Au-delà des frontières sénégalaises, le Général Birame Diop jouit d’une solide réputation au sein des instances multilatérales. Sa candidature à la Cedeao s’appuie sur une expertise internationale consacrée au plus haut niveau, notamment par ses fonctions de Conseiller militaire du Secrétaire général des Nations unies auprès du Département des opérations de paix. A New York, il a activement participé à la conception des politiques de prévention des conflits et de consolidation de la sécurité globale.
Chercheur émérite, il a mené des travaux de fond sur la délicate problématique de la Réforme du secteur de sécurité (Rss) en Afrique subsaharienne au sein de prestigieux cercles de réflexion américains comme le National endowment for democracy (Ned) et le Woodrow Wilson center à Washington Dc. Pédagogue et conférencier, il a également accompagné pendant plusieurs années le Centre d’études stratégiques pour l’Afrique (Cesa) pour former les hauts cadres civils et militaires du continent.
Cette approche doctrinale et inclusive s’est matérialisée par la fondation de l’Institut africain pour le secteur de la sécurité, devenu par la suite Partners Senegal, axé sur la gestion participative de la sécurité. Sous l’égide du Pnud et de l’Union européenne, il a personnellement encadré la mise en œuvre de plusieurs Politiques nationales de défense et de sécurité (Pnds) à travers le continent.
Le candidat du Sénégal combine l’art opérationnel à une solide formation académique internationale. Il est diplômé de l’Ecole royale de l’air de Marrakech, de l’Air University aux Etats-Unis et de l’Ecole de guerre de Paris, tout en poursuivant continuellement des recherches en diplomatie et en relations internationales.
A l’approche du sommet de juillet 2026, cette candidature résonne comme un signal fort de la part de Dakar. Le gouvernement sénégalais a d’ores et déjà exprimé sa pleine confiance quant à l’aptitude du Général Diop à servir les idéaux de l’organisation avec «compétence, impartialité et dévouement». Reste désormais à obtenir le consensus des pairs ouest-africains pour porter ce militaire-diplomate à la tête de l’institution.