Le ministère de l’Education nationale, à travers le projet Favoriser l’inclusion à l’école (Faire l’école), veut impulser un changement durable dans les pratiques médiatiques du handicap. A cet effet, une session de renforcement de capacités a réuni, du 4 au 6 mai, des professionnels des médias venus des différentes zones d’intervention du projet.
Par Badé SECK – Dans l’espace médiatique, la question du handicap reste encore souvent abordée de manière approximative, parfois même stigmatisante. Face à ce constat, le renforcement de capacités des professionnels des médias sonne comme une impérieuse nécessité. En ouvrant la session de formation, le chef du Bureau suivi du ministère de l’Education nationale a indiqué que dans le domaine du handicap, les barrières ne sont pas seulement physiques. Les plus douloureuses sont souvent faites de mots parfois mal choisis qui peuvent, en une seconde, anéantir des années d’efforts d’inclusion scolaire. Abdou Thiao en veut pour exemple des terminologies comme : «infirme», «sourd-muet», «cloué dans une chaise roulante», etc., pour décrire un élève vivant en situation de handicap dans les médias.
Malheureusement pour lui, ces mots «stigmatisants», souvent utilisés, ont des effets dévastateurs car ils renforcent le sentiment d’exclusion chez l’enfant et nourrissent le complexe des parents. C’est pourquoi, selon lui, cette activité marque une étape cruciale dans l’ambition du Men de bâtir une «Ecole pour tous» à travers, entre autres axes d’intervention, «le renforcement de l’équité et de l’inclusion sociale et scolaire», conformément à sa vision d’une «société éducative inclusive et efficiente», elle-même arrimée à la «Vision Sénégal 2050».
De l’avis de l’assistant technique en éducation inclusive du projet, les objectifs de cet atelier consistent à : poser les bases et déconstruire les stéréotypes, développer des compétences professionnelles, et enfin produire du contenu journalistique de qualité. Il a également insisté sur le rôle des journalistes comme relais dans la sensibilisation et la vulgarisation des droits des enfants en situation de handicap. Il s’agira, pour Moustapha Diouck, de mettre le curseur sur les fondamentaux du handicap et de l’éducation inclusive, les concepts du handicap, le cadre juridique, les médias et représentations, les pratiques journalistes, l’éthique et la déontologie.
A la fin de la session de formation, les journalistes sont désormais mieux outillés. Ils sont appelés à jouer le rôle de veille et d’alerte pour un traitement médiatique plus inclusif, plus humain et plus respectueux du handicap.
Le projet Faire l’école intervient dans 69 écoles-pilotes dont 23 collèges et 46 écoles élémentaires, dans les académies de Kaolack, Kaffrine, Sédhiou, Kolda Pikine-Guédiawaye, Rufisque et Dakar.