Home DiplomatieDiplomatie – Bassirou Diomaye Faye à l’ouverture du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité : «Nous ne devons plus accepter que notre agenda sécuritaire soit défini ailleurs»

Diplomatie – Bassirou Diomaye Faye à l’ouverture du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité : «Nous ne devons plus accepter que notre agenda sécuritaire soit défini ailleurs»

by Aicha Diop

«L’Afrique ne doit plus être le terrain de jeu des grandes puissances.» C’est le message sans équivoque lancé par le Président Bassirou Diomaye Faye lors de l’ouverture de la 10e édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité. Entre plaidoyer pour une autonomie stratégique et exigence d’une transformation locale des ressources, le chef de l’Etat sénégalais appelle le continent à définir son propre agenda pour sortir du rôle de spectateur de la géopolitique mondiale. «Extraire chez nous, transformer chez nous et vendre à un prix juste.» Au Forum de Dakar sur la paix et la sécurité, le Président Bassirou Diomaye Faye a établi un lien direct entre la stabilité du continent et sa souveraineté économique. Face aux rivalités des grandes puissances, il exhorte l’Afrique à reprendre la main sur ses richesses et sa sécurité collective pour garantir une prospérité durable aux populations.

Par Justin GOMIS – A l’ouverture de la 10e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité, le Président Bassirou Diomaye Faye a appelé le continent à rompre avec sa posture de spectateur des équilibres mondiaux. Entre exigence de souveraineté sécuritaire et impératif de transformation locale des ressources, le chef de l’Etat sénégalais a tracé la voie d’une Afrique maîtresse de son agenda. «L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ?» En réponse à cette thématique centrale du Forum de Dakar, le président de la République a affirmé que le continent ne doit plus se laisser réduire à un simple terrain d’influence. «L’Afrique ne doit plus se contenter d’être le centre des convoitises entre grandes puissances, ni de rivalités énergétiques et minières. Elle ne doit pas non plus rester spectatrice de la recomposition en cours des équilibres mondiaux. Nous devons en être des acteurs plus dynamiques et à part entière», a déclaré Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye lors de la cérémonie d’ouverture. Avec une souveraineté sécuritaire à conquérir.
Pour le chef de l’Etat, l’heure est venue pour l’Afrique d’assumer pleinement sa souveraineté. «Nous ne devons plus accepter que notre agenda sécuritaire soit défini ailleurs ; que nos priorités soient dictées par des intérêts étrangers ou que notre espace stratégique soit occupé sans notre consentement», a-t-il martelé. Tout en reconnaissant les progrès accomplis par l’Union africaine et la Cedeao dans la prévention des conflits et le déploiement de forces de maintien de la paix, le Président Faye a souligné les limites du modèle actuel. Il a pointé du doigt des «mandats parfois flous, des financements incertains et une déconnexion trop fréquente entre les décisions prises à l’international et les réalités vécues sur le terrain». Face à ce constat, il appelle à réorienter les réponses collectives pour les rendre «plus agiles, plus efficaces et plus ancrées dans les besoins réels des populations».

«Extraire chez nous, transformer chez nous»
Sur le plan économique, Bassirou Diomaye Faye a fustigé le retour au protectionnisme des grandes puissances. Selon lui, la prospérité ne dépend pas de l’abondance des ressources, mais de la qualité de leur gouvernance. Il prône une rupture radicale avec le modèle extractiviste : les richesses naturelles et halieutiques ne doivent plus seulement alimenter les industries étrangères. Sa règle d’or est claire : «Extraire chez nous, transformer chez nous et vendre à un prix juste.»

Un plan d’action en cinq piliers
Pour relever ces défis, le chef de l’Etat a proposé plusieurs leviers stratégiques : renforcement des mécanismes de paix, solidarité régionale, investissement dans la jeunesse, industrialisation et intégration économique pour consolider l’alerte précoce et rendre opérationnelles les forces en attente, en complémentarité avec l’Onu, mais avec des financements maîtrisés par les Etats africains, accentuer la coopération pour contrer l’expansion du terrorisme vers les Etats côtiers et bâtir une véritable industrie de défense continentale, valoriser le dividende démographique par l’éducation, la formation et le numérique afin de lutter contre l’endoctrinement et la radicalisation, promouvoir une valorisation des ressources minières et énergétiques sur toute la chaîne de valeur et accélérer la mise en œuvre de la Zlecaf et coordonner les efforts dans les secteurs de la santé, de l’agriculture et des infrastructures, conformément à l’Agenda 2063. «L’Afrique ne doit plus rester spectatrice de la recomposition du monde», dit Diomaye.
Présent à ses côtés, le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, en compagnie du chef de l’Etat mauritanien, Mohamed Ould Cheikh Al Ghazouani, a abondé dans le même sens en suggérant de mettre un accent particulier sur l’autonomisation des femmes, l’implication de la jeunesse et le développement d’infrastructures structurantes pour le continent.

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