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Coupe du Monde 2026 : pourquoi Clément Turpin provoque une peur nationale en Italie

by Aicha Diop

Mardi soir, l’Italie jouera sa survie en Bosnie dans l’optique d’une qualification à la Coupe du Monde 2026. Mais la désignation de l’arbitre français Clément Turpin ravive un traumatisme national et nourrit les pires superstitions chez les Azzurri.

Voilà désormais douze longues et douloureuses années que l’Italie attend de retrouver les pelouses de la Coupe du Monde. Pour une nation quadruple étoilée, l’absence prolongée est vécue comme une anomalie presque incompréhensible. Depuis l’élimination traumatisante de l’Italie face à la Suède lors des barrages de qualification pour la Coupe du Monde 2018 en Russie, puis la claque encore plus brutale contre la Macédoine du Nord avant la Coupe du Monde 2022 au Qatar, le pays vit avec une cicatrice ouverte. Mardi, un nouveau match pour la survie attend la Squadra Azzurra sur la pelouse de la Bosnie‑Herzégovine. L’enjeu est simple et terrifiant à la fois, puisqu’une victoire mettrait fin à la malédiction et signerait le grand retour de la Nazionale à un Mondial, et une nouvelle défaite replongerait toute une nation dans le cauchemar des éliminations improbables. Avec ce contexte déjà très chargé d’émotions, chaque détail prend une dimension dramatique et l’Italie, marquée par ses traumatismes récents et ses fantômes passés, aborde ce rendez-vous avec une nervosité palpable.

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Comme si la pression sportive ne suffisait pas, un autre élément alimente l’angoisse collective dans la Botte. L’UEFA a désigné l’arbitre français Clément Turpin pour diriger la rencontre dans l’enfer annoncé du stade de Zenica. Sur le papier, bien que décrié en France, il s’agit d’une référence mondiale, habitué aux plus grandes affiches européennes. Mais pour les supporters italiens, son nom évoque immédiatement un souvenir douloureux. C’était déjà lui au sifflet lors de la défaite historique contre la Macédoine du Nord en 2022. Dans un pays où la superstition fait partie de la culture populaire, ce genre de coïncidence n’est jamais anodin. En Italie, on évite de poser un chapeau sur un lit, on ne trinque jamais avec de l’eau et le chiffre 17 est considéré comme maudit au point d’être souvent remplacé par un 16 bis dans les hôtels ou les avions. La tradition napolitaine de la Smorfia, qui transforme les rêves en numéros pour jouer au Lotto, montre à quel point les signes et les symboles occupent une place particulière dans l’imaginaire collectif. Dans ce climat déjà bouillant dans toute l’Italie, revoir Turpin avant un match décisif ressemble pour certains à un mauvais présage.

Une vraie malédiction en Italie

La presse italienne n’a d’ailleurs pas tardé à souligner ce parallèle inquiétant. Dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport, on rappelle que « Turpin est l’arbitre. Et il crée un précédent inquiétant ». Le quotidien reconnaît pourtant que le Français est « l’un des meilleurs d’Europe », mais insiste sur ce détail qui hante les supporters. « Le Français avait également arbitré Italie-Macédoine du Nord en 2022, une rencontre qui s’était tragiquement soldée par l’élimination des Azzurri de la Coupe du Monde. » Le journal résume parfaitement le dilemme italien. D’un côté un arbitre prestigieux choisi pour un match capital, de l’autre un souvenir qui pèse lourd dans la mémoire collective. Dans ces pages roses, le quotidien rappelle une statistique intéressante : « Turpin a arbitré 19 matchs de clubs italiens, avec un bilan global peu reluisant : 6 victoires, 5 nuls et 8 défaites. L’équipe de Serie A qu’il a le plus souvent affrontée est l’Inter Milan (quatre matchs), tandis qu’il a arbitré trois fois l’AC Milan. Il a aussi arbitré trois matchs de l’équipe nationale, dont le dernier fut la défaite cuisante face à la Macédoine, synonyme d’élimination pour la Coupe du Monde au Qatar ». Même ton du côté de Tuttosport qui souligne que « le nom de l’arbitre français évoque de mauvais souvenirs chez les supporters italiens, ravivant le souvenir douloureux d’un précédent ». Pour beaucoup de tifosi, ce simple rappel suffit à réveiller les fantômes de Palerme.

Le sentiment d’inquiétude traverse toute la presse sportive transalpine. Sportmediaset parle d’un « précédent qui fait trembler les Azzurri » en rappelant que l’une des deux défaites de l’Italie sous l’arbitrage de Turpin « est particulièrement amère » puisqu’elle a scellé l’échec vers l’édition qatarie. Même constat chez Calciomercato qui évoque sans détour « un précédent désastreux pour les Azzurri ». Le Corriere dello Sport emploie des mots encore plus forts en parlant d’« un précédent cauchemardesque » et en rappelant que ce match contre la Macédoine « (nous) a privés de la Coupe du Monde au Qatar ». Le journal italien rappelle aussi que Claudio Ranieri l’avait qualifié « d’arbitre local», après la victoire de l’Atlético Madrid face aux Giallorossi en 2022. L’écho est le même dans La Repubblica qui souligne que ce souvenir « fait trembler les Azzurri ». À quelques heures d’un rendez-vous capital, l’Italie se retrouve donc face à ses démons. Dans un pays où le football se vit avec passion, mais aussi avec superstition, la simple présence de Turpin au sifflet suffit à nourrir une peur presque irrationnelle. Comme si, pour conjurer le sort, il fallait d’abord vaincre les fantômes du passé avant même de battre la Bosnie.

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