Par Dialigué FAYE – L’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a fait preuve d’une remarquable résilience en 2025, selon le Gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Dressant le bilan de la Bceao, Jean-Claude Kassi Brou a fait état d’une amélioration de la situation des échanges extérieurs, une inflation nulle, une baisse des taux directeurs de la Bceao qui a permis d’assouplir les conditions de financement des économies, et une croissance forte. «L’inflation en moyenne annuelle est ressortie à un niveau nul en 2025, contre 4, 5% en 2024. Le dynamisme de la croissance économique s’est maintenu à 6, 7% en 2025, en hausse par rapport au taux de 6, 2% l’année précédente. Dans le même temps, la situation des échanges extérieurs de l’Union s’est améliorée, portée par la hausse des prix des matières premières, l’accroissement des ventes d’hydrocarbures et d’or, ainsi que par la mobilisation du financement extérieur par les Etats membres. Ces résultats positifs témoignent de l’efficacité des politiques économiques mises en œuvre aux niveaux national et communautaire», s’est réjoui le Gouverneur de l’institut d’émission commun aux huit pays membres de l’Uemoa.
L’action de la Banque, rappelle-t-il, s’est articulée en 2025 autour de trois priorités stratégiques dont la maîtrise de l’inflation, pour préserver le pouvoir d’achat des populations et ancrer les anticipations des agents économiques, notamment les épargnants et les investisseurs. «En effet, au regard des différents chocs conjoncturels dans la région depuis 2020, l’inflation a connu une hausse avec un pic de 8, 8% en août 2022. La Banque centrale a dû faire face à ce défi en relevant graduellement son principal taux directeur de 2% à 3, 5%, afin de contenir cette hausse des prix. Cette mesure, associée à d’autres mesures au niveau national, a contribué à un net recul de l’inflation créant les conditions propices à un assouplissement de la politique monétaire de la Bceao.»
Dans ce contexte, souligne le patron de la Bceao, «le principal taux directeur de la Banque centrale a été ramené à 3, 25% le 16 juin 2025. Cette détente de la politique monétaire a contribué à assouplir les conditions de financement, favorisant ainsi une progression d’environ 6% des crédits bancaires accordés au secteur», explique M. Brou. Sur la stabilité financière, il note que la Bceao a poursuivi ses actions en faveur du renforcement de la capacité du système bancaire à financer de manière durable, saine, les économies de l’Union.
Plusieurs actions ont été prises. Ainsi, le capital social des banques a été relevé de 10 milliards à 20 milliards, afin de renforcer leur fonds propres et leurs ressources. La Banque centrale a parallèlement poursuivi la consolidation du cadre réglementaire régissant la loi bancaire et la loi régissant la microfinance, la lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Concomitamment, les actions visant à renforcer la supervision par la Commission bancaire ont été intensifiées dans le but d’améliorer les indicateurs de performance et de consolider la solidité du secteur bancaire.
Consolidation des indicateurs macroéconomiques en 2025 : Le Gouverneur de la Bceao invoque une «remarquable résilience de l’Union»
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