L’opérationnalisation de l’Institut monétaire africain (Ima) a été au centre des réflexions de la première réunion du Bureau de l’Association des banques centrales africaines (Abca, sigle en anglais) au titre de l’année 2026, tenue hier dans les locaux du siège de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao).
Par Dialigué FAYE – L’Association des banques centrales africaines (Abca, sigle en anglais) a tenu hier sa première réunion au titre de l’année 2026, dans les locaux du siège de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). A cette occasion, les gouverneurs ont mis au centre de leurs réflexions un enjeu «stratégique et structurant», l’Institut monétaire africain, dont l’opérationnalisation d’ici le mois de septembre 2026 constitue, selon le président de l’Abca, par ailleurs Gouverneur de la Banque centrale des Etats l’Afrique centrale (Beac), «une étape décisive pour assurer progressivement la transition institutionnelle vers une union monétaire continentale». Yvon Sana Bangui s’est ainsi réjoui de l’adoption, par la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, des statuts de l’Institut monétaire africain lors de leur 39e session ordinaire tenue à Addis-Abeba, les 14 et 15 février 2026, marquant ainsi leur ferme volonté pour son édification.
Dans cette même dynamique, il a salué «le rôle déterminant que joue le Nigeria en tant que pays-hôte, à travers la mise à disposition des locaux-siège et son engagement à fournir, par l’entremise de sa Banque centrale, des services de soutien, notamment la sécurité, les services auxiliaires et une facilitation administrative pendant la phase de démarrage des activités de l’Ima».
«L’évaluation menée au Nigeria a confirmé que nous disposons d’installation de classes mondiales. La République fédérale du Nigeria ne ménage aucun effort pour accélérer l’opérationnalisation de l’Ima en septembre 2026», s’est félicité la commissaire de la Commission de l’Union africaine en charge du développement économique, du commerce, du tourisme, de l’industrie et des mines. Mme Francisca Tatchouop Belobe appelle ainsi à maintenir «fermement le cas pour un lancement de l’opération de l’Ima en septembre 2026». «Le processus de constitution du Conseil est en cours, et j’exhorte l’Abca à finaliser la nomination de ses membres. L’Ima est le point indispensable vers la Banque centrale africaine. Il doit être doté de ressources à la hauteur de nos ambitions pour atteindre l’objectif ultime de convergence macroéconomique à l’échelle continentale. Nous avons préparé et disséminé un calendrier rigoureux pour guider nos actions collectives, pour garantir que chaque jalon soit franchi avec succès d’ici à septembre», assure la commissaire.
Aux yeux du Gouverneur de la Beac, «l’opérationnalisation de cette structure n’est plus un projet lointain exposé aux desideratas subsidiaires. Elle est devenue un déterminant central de la marche vers l’intégration monétaire et financière». Dans cette perspective, considère-t-il, «l’implication résolue des banques centrales africaines est un impératif en vue du démarrage effectif à bonne date des activités fondamentales de l’Institut monétaire africain».
Pour rappel, «l’Abca a été créée à la suite d’une décision prise par les chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission de l’Organisation de l’unité africaine (Oua), le 25 mai 1965 à Addis-Abeba, en Ethiopie, en vue de mettre en place un Comité économique qui devait examiner un certain nombre de questions monétaires et financières».
Ses objectifs sont centrés, entre autres, sur «le développement de la coopération entre les banques centrales africaines dans les domaines monétaire, bancaire et financier, et la promotion, à l’issue d’un processus chronologique bien défini de convergence, de l’avènement d’une monnaie unique et d’une banque centrale commune en Afrique».