Au deuxième jour de la grève de 72 heures, le Sudeten prend ses distances avec le Sutelec et sa sortie médiatique.
Par Malick GAYE – Pendant que la Senelec compte ses grévistes, la Convergence syndicale des travailleurs de la Senelec (Csts) compte désormais ses fissures. La grève générale de 72 heures, entamée le mercredi 21 octobre, se poursuit jusqu’au 23. Le Sutelec revendique 91% de suivi pour la première journée. La presse le présentait aux côtés du Sudeten dans le mouvement. C’est précisément ce voisinage que le Sudeten vient de rompre, par un communiqué au ton sec.
Le Syndicat unique et démocratique des travailleurs de l’énergie se dit «profondément déçu» par la récente sortie médiatique du Secrétaire général du Sutelec. Il y voit une remise en cause de son indépendance et un coup porté à l’unité syndicale. Son message tient en une phrase : «la majorité confère une représentativité, pas le droit d’imposer sa volonté aux autres. Le Sudeten se proclame libre de tout gouvernement, parti ou groupe de pression», et refuse que la Csts serve à «satisfaire des ambitions personnelles ou obtenir des postes de responsabilité». Il glisse au passage que la notoriété médiatique ne fait pas un grand dirigeant. «La reconnaissance se mérite par les résultats», lit-on dans le communiqué. Le texte vise aussi le fond. Le Sudeten rappelle aux autorités le pacte de conciliation. Un procès-verbal avait été signé le 1er septembre avec la Csts. Mais il adresse un second rappel à ses pairs. «En pleine canicule, avec une production électrique sous tension, les syndicalistes doivent mesurer l’effet des perturbations sur les ménages, les industries et les commerces. Les coupures ont repris depuis quelques semaines et la population les supporte mal.» Autrement dit, on peut défendre les travailleurs «sans plonger les usagers dans le noir». Enfin, le syndicat plaide pour la valorisation des compétences endogènes de la Senelec. «Le Sudeten restera debout, digne et indépendant.» A la Senelec, la grève dure 72 heures. La querelle d’ego, elle, pourrait durer davantage.