La modernisation du réseau électrique, le renforcement des capacités de la Senelec et le développement de l’accès à l’électricité figurent parmi les leviers susceptibles d’améliorer les performances du secteur énergétique sénégalais. A l’occasion de la revue annuelle de la Feuille de route du secteur de l’électricité à l’horizon 2035 tenue hier au Noom Hotel, le Directeur général du Mca-Sénégal, Oumar Diop, a mis en avant les effets attendus des investissements réalisés dans le cadre du Power Compact.
Par Amadou MBODJI – Le coût élevé de l’électricité pèse lourdement sur le budget des ménages sénégalais. Toutefois, les investissements engagés dans la modernisation des infrastructures électriques pourraient contribuer, à terme, à améliorer la situation. C’est en substance le message porté par Oumar Diop, Directeur général du Mca-Sénégal, lors de la revue annuelle de la Feuille de route du secteur de l’électricité à l’horizon 2035. Selon lui, les retombées du programme devraient concerner une large partie de la population, notamment à travers l’amélioration des performances du réseau électrique et une meilleure maîtrise des coûts.
«Alors ça va impacter la vie des Sénégalais. On parle de 12 millions 700 mille Sénégalais qui seront impactés d’abord vis-à-vis du coût de l’énergie, parce que c’est une problématique au Sénégal», a-t-il déclaré lors de la quatrième revue annuelle de la Feuille de route électricité 2035, couplée à la clôture du Projet Réforme du Senegal Power Compact. Une rencontre organisée hier au Noom hotel par le ministère de l’Energie et du pétrole, avec l’appui du Mca-Sénégal II.
Le responsable du Mca-Sénégal a rappelé les efforts consentis par la Senelec dans le domaine de la production, tout en soulignant les défis persistants liés à l’approvisionnement en combustible et à la hausse des cours du pétrole. Il a toutefois précisé que les investissements du Power Compact étaient principalement orientés vers le réseau électrique. «Aujourd’hui, la modernisation du réseau que nous avons faite va impacter le coût de l’électricité», a-t-il affirmé, mettant en avant la nécessité de réduire les pertes techniques et d’améliorer les capacités du réseau.
Oumar Diop a également insisté sur le renforcement des capacités de gestion de la Senelec, notamment grâce à la mise en place d’outils de Gestion de la maintenance assistée par ordinateur (Gmao). D’autres initiatives ont été engagées avec le ministère de l’Energie dont la création d’un guichet unique et le développement d’une planification intégrée à moindre coût. A ses yeux, l’ensemble de ces investissements devrait produire des effets à court, moyen et long termes.
Le gas-to-power, un autre levier attendu
Au-delà de la modernisation du réseau, le développement du gaz dans la production d’électricité constitue un autre levier attendu. Avec la mise en œuvre du modèle gas-to-power et la montée en puissance de la production nationale de gaz, les premiers effets devraient se faire sentir au niveau de la production électrique. L’amélioration du réseau pourrait, quant à elle, contribuer à renforcer les performances de l’ensemble du système. Par ailleurs, Oumar Diop a indiqué que les travaux de modernisation du réseau de transport de la Senelec, qui ont mobilisé d’importants investissements, étaient en phase de réception.
Electrification rurale : les villages ciblés presque tous desservis
Sur le volet de l’électrification rurale, le Directeur général du Mca-Sénégal a indiqué que tous les villages ciblés par le programme avaient été électrifiés, précisant que seuls quelques raccordements restaient à effectuer. Il a également souligné les avancées enregistrées dans le cadre des réformes institutionnelles du secteur, estimant que le moment était venu de mettre en lumière les résultats obtenus.
Le programme entre dans sa phase de clôture
Lancé dans le cadre du partenariat entre le Sénégal et les Etats-Unis, le programme Mca-Sénégal approche de son terme. Oumar Diop a assuré que les engagements initiaux avaient été respectés en matière de délais, de budget et de spécifications techniques, même si une période supplémentaire a été prévue pour finaliser la clôture de ce projet portant sur un montant de 375 milliards de nos francs. «Il faut dire que le délai de cinq années que les gouvernements sénégalais et américain nous avaient donné a été respecté. On a une rallonge de six mois pour pouvoir faire la clôture proprement. On a respecté les délais, le budget, et on a délivré le programme suivant les spécifications qui étaient déterminées au départ», a-t-il expliqué.
Selon lui, les projets Transport et Accès affichent chacun un taux d’exécution de 99%. Le programme entre ainsi dans sa phase de clôture, avec une échéance annoncée au cours de l’année 2027. «Normalement, au 7 mars de l’année 2027, le programme sera complètement terminé et on aura quatre mois pour faire la clôture. Donc Mca-Sénégal, ce programme très ambitieux du gouvernement du Sénégal en partenariat avec le gouvernement américain, sera complètement terminé en juillet 2027», a-t-il précisé.
Des réformes à pérenniser
De son côté, la Secrétaire générale à l’énergie, Mme Oumy Khaïry Diaw Diop, représentante du ministre de l’Energie, a souligné la contribution du Compact du Mca au renforcement du secteur énergétique sénégalais. Elle a notamment mis en avant les réformes institutionnelles et juridiques, le renforcement des capacités de la Senelec et de la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse), ainsi que l’amélioration des mécanismes de régulation et de protection des consommateurs. Elle a également rappelé que le programme avait permis de financer des infrastructures de transport et de distribution de l’électricité, notamment un câble sous-marin, ainsi que l’électrification de plus de 300 villages dans le cadre du volet Accès. Ces réalisations participent, selon elle, à l’objectif d’un accès universel à l’électricité au Sénégal.
Enfin, Mme Diop a insisté sur la nécessité de préserver les acquis du programme. Elle a rappelé que cette responsabilité incomberait aux institutions bénéficiaires, notamment la Senelec, l’Aser et la Crse, chargées d’assurer l’entretien, la maintenance et la durabilité des équipements financés par le Mca. Au-delà du bilan des investissements, l’enjeu sera désormais de garantir leur exploitation durable afin que les améliorations apportées au système électrique se traduisent concrètement par un meilleur service aux usagers.
Pour Mme Jennifer Davis Paguada, chargée d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis au Sénégal, ces investissements considérables dans les infrastructures du réseau électrique sénégalais, accompagnés d’un ambitieux programme de réformes institutionnelles destiné à assurer la viabilité du secteur de l’électricité, participent à créer un environnement plus attractif pour le secteur privé. Parlant au nom du Peuple américain qui investit dans ce projet depuis quatre ans et demi, la chargée d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis au Sénégal se félicite des avancées, dit-elle, remarquables réalisées au niveau du secteur de l’électricité à travers le projet.