Home SportsÉquipe de France, Real Madrid : ça se tend déjà pour Eduardo Camavinga

Équipe de France, Real Madrid : ça se tend déjà pour Eduardo Camavinga

by Aicha Diop

Après une saison très compliquée aussi bien en club qu’en sélection nationale, Eduardo Camavinga joue déjà très gros. Les prochaines semaines seront décisives pour le Français, attendu au tournant.

Talent précoce du Stade Rennais, Eduardo Camavinga a vite gravi les échelons. Le Real Madrid et l’équipe de France sont arrivés très vite pour le milieu de terrain que rien ne semblait pouvoir arrêter…à part peut-être lui-même. Depuis quelques mois, le natif de Cabinda connaît un sacré creux. En club, il n’a toujours pas réussi à s’imposer comme un titulaire indiscutable malgré les divers changements d’entraîneurs. L’an dernier, Xabi Alonso, puis Alvaro Arbeloa n’ont pas été totalement convaincus. Il a néanmoins eu du temps de jeu puisqu’il a participé 43 rencontres toutes compétitions confondues, mais seulement 23 en tant que titulaire. Le temps pour lui de marquer 2 buts et de délivrer 1 assist. Il a aussi fait 3 passages par l’infirmerie (60 jours d’absence, 11 matches manqués). Quand il était sur le pré, le Français de 23 ans a rarement été à son meilleur niveau.

Un énorme coup de mou

Son expulsion face au Bayern Munich en Ligue des Champions a sans doute été le coup fatal pour Camavinga, qui a même versé quelques larmes. Malgré le soutien public de ses coéquipiers et de son club, l’ancien joueur de Rennes a continué à sombrer. Et cela ne s’est pas arrangé. Didier Deschamps lui a infligé le coup de grâce le 14 mai dernier. Malgré l’affection qu’il portait à Camavinga, il ne l’a pas convoqué pour la Coupe du Monde aux Etats-Unis. Un choix difficile mais assumé. «Sa saison, bien évidemment. Quelques blessures aussi. Et la concurrence, qui est très, très forte. Mais Cama… Il fait partie, je ne vais pas dire des plus déçus, mais en mars il était là, il a un peu joué. Je ne remets pas en doute son potentiel et ce qu’il est capable de faire. Mais il a le droit de m’en vouloir, je le comprends.» Après ce terrible coup de massue, le milieu s’est tout de même envolé pour les Etats-Unis durant l’été. Mais pour une autre activité que le football.

En effet, il a suivi un cursus express de 4 jours à la Harvard Business of Entertainment, Media and Sport (BEMS). Ensuite, il s’est remis au travail pour préparer au mieux cette nouvelle saison. Pourtant, il n’était pas assuré de rester dans la capitale espagnole. Nommé à la tête de l’équipe, José Mourinho, qui n’était pas forcément un grand fan et qui l’avait placé sur sa liste noire, voulait le voir à l’œuvre. En parallèle, le Real Madrid a entrouvert la porte à son départ. Si des pistes ont émergé en Premier League, notamment du côté de Manchester United, c’est surtout en Turquie que son nom est revenu régulièrement. Galatasaray était sur les rangs et aurait même fait une offre en fin de mercato, jugée insuffisante. De toute façon, le Français ne voulait pas quitter Madrid. Ce, malgré le fait que son club cherche un renfort dans l’entrejeu. Au final, la recrue tant désirée par Mourinho n’est pas venue. Mais le Portugais veut toujours du sang frais pour cet hiver.

Convaincre Zidane et Mourinho face à la concurrence

Cela laisse le temps à Camavinga de montrer qu’on peut (encore) compter sur lui. Cette saison, le Special One, qui a fait appel à lui durant la pré-saison, l’a ensuite utilisé à 6 reprises toutes compétitions confondues (240 minutes de jeu). Toujours en Liga, puisqu’il était suspendu en Champions League. Ainsi, il a été titulaire contre Malaga, où il a été salué par son coach pour son match, et contre le Betis. Le joueur sous contrat jusqu’en 2029 est entré en jeu face à l’Espanyol Barcelone, la Real Sociedad, le Rayo Vallecano et l’Atlético. Il est resté scotché sur le banc sans jouer face à Elche. Pour le moment, l’international tricolore alterne le bon et le moins bon sans forcément faire l’unanimité, surtout auprès de la presse espagnole qui ne l’épargne pas. Il sait qu’il est sous pression, d’autant que Fanatik annonce que Galatasaray frappe toujours à sa porte cet hiver. En parallèle, il joue également gros en équipe de France. Zinedine Zidane l’a sélectionné pour son premier rassemblement à la tête des Bleus.

Deux mois après la fin du Mondial, Camavinga peut repartir de zéro ou presque avec un sélectionneur qui le connaît bien. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il lui fera des cadeaux. D’autant que Zidane a été clair puisqu’il a fait comprendre qu’Aurélien Tchouameni, absent de sa liste, est dans ses plans. « Il s’est arrêté pratiquement deux mois, il n’a joué qu’une seule fois titulaire. Pour son processus de récupération, il était mieux qu’il reste à Madrid. On a quatre matches importants à jouer. C’était le mieux pour lui.» Dans un secteur de jeu où la concurrence est féroce, Eduardo Camavinga sait qu’il doit faire bonne impression auprès du nouveau staff pour essayer de se refaire une place. Mais il doit batailler avec du beau monde, notamment Adrien Rabiot, Manu Koné, sans compter Warren Zaïre-Emery (forfait et remplacé par Maghnes Akliouche). En club comme en équipe nationale, le milieu tricolore joue sa peau. Cela commencera vendredi en Turquie. Un pays où beaucoup de monde rêve de le voir sous le maillot de Galatasaray en janvier prochain…

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