Home SociétéFaits diversMbour – Création de conseils territoriaux du dialogue social dans les huit pôles économiques du pays : L’Acte IV entre au Hcds

Mbour – Création de conseils territoriaux du dialogue social dans les huit pôles économiques du pays : L’Acte IV entre au Hcds

by Msow

A l’occasion de sa 44e Assemblée générale plénière ouverte depuis hier à Saly, le Haut-conseil du dialogue social (Hcds) a placé l’Acte IV de la décentralisation au cœur de ses travaux. Face aux représentants de l’Etat, des collectivités locales et des partenaires sociaux, le président du Hcds, Faly Seck, a plaidé pour la création de «conseils territoriaux du dialogue social» dans chacune des huit zones économiques stratégiques du Sénégal. Une initiative saluée et appuyée par le ministère de l’Urbanisme, des collectivités territoriales et de l’aménagement des territoires, représenté par Arona Ba.

Par Alioune Badara CISS – La gouvernance territoriale du Sénégal amorce un tournant stratégique majeur. Alors que le gouvernement peaufine la mise en œuvre opérationnelle de l’Acte IV de la décentralisation et la structuration des pôles-territoires, le Haut-conseil du dialogue social (Hcds) entend s’imposer comme le garant de la stabilité sociale au niveau local. Réunis depuis hier à Saly pour leur 44e Assemblée générale plénière, les membres de l’instance tripartite (gouvernement, patronat, syndicats) ont abordé sans détour les enjeux d’un dialogue social décentralisé.
Dans son discours d’ouverture, le président du Hcds, M. Faly Seck, a souligné que la refondation de l’Etat par les territoires ne pourra pas se concrétiser sans l’adhésion du monde du travail et de l’entreprise. Rappelant la rencontre nationale du 2 juillet 2026 présidée à Diamniadio par le chef de l’Etat Bassirou Diomaye Faye, le président du Hcds a insisté sur la portée stratégique de cette réforme. «Le 2 juillet 2026, à Diamniadio, le Président de la République a employé deux mots d’une importance capitale : «acte fondateur» et «acte de confiance». Un acte fondateur, parce qu’il refonde l’Etat à partir des territoires. Un acte de confiance, parce qu’il fait le pari que les territoires sont capables de porter leur propre développement», a souligné Faly Seck, président du Hcds.
Constatant le faible niveau d’ingénierie locale et le manque de représentativité des acteurs sociaux au sein des gouvernances régionales émergentes, Faly Seck a mis en garde contre le risque de décider de l’avenir économique des régions à huis clos. «Si nous n’y prenons garde, nous assisterons à une décentralisation de la décision économique sans décentralisation du dialogue social. Ce serait une occasion manquée. Et ce serait, surtout, une source certaine de conflits futurs», a précisé le président du Hcds.
Pour pallier ce risque, il a annoncé qu’il porterait auprès de l’Exécutif et du Parlement, la création de conseils territoriaux du dialogue social dans chacune des huit zones économiques prévues par la réforme. «Le Hcds portera, auprès du gouvernement et de l’Assemblée nationale, le projet de création, dans chaque pôle territorial, de conseil territorial du dialogue social, instance tripartite de proximité chargée de trois missions : prévenir les conflits à l’échelle territoriale, co-construire les politiques de développement local (…) et assurer le suivi du Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive et durable.»
Venu représenter le ministre de l’Urbanisme, des collectivités territoriales et de l’aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana, Arona Ba a salué la pertinence de cette plénière. S’exprimant devant les cadres de l’Administration et les élus locaux, il a souligné que l’Acte IV s’inscrit en droite ligne de l’Agenda national de transformation Vision Sénégal 2050. «Une réforme territoriale ne réussit pas uniquement par la qualité de ses textes. Elle réussit lorsque les acteurs comprennent sa finalité, discutent de ses conséquences et participent à sa mise en œuvre. C’est précisément à ce niveau que le Haut-conseil peut apporter une contribution décisive», a déclaré Arona Ba, représentant du ministre de l’Urbanisme et des collectivités territoriales.
M. Ba a détaillé les orientations du gouvernement pour accompagner la réforme, citant la révision de la fiscalité locale basée sur 21 propositions précises, le relèvement progressif de l’indexation du Fonds de dotation de la décentralisation (Fdd) et du Fonds d’équipement des collectivités territoriales (Fect) sur la Tva, ainsi que l’amélioration du statut de l’élu et des agents territoriaux. «Ces chantiers montrent que l’Acte IV ne sera crédible que s’il rapproche réellement les compétences, les ressources et les responsabilités. Le dialogue des territoires doit donc rapprocher la décision publique des réalités vécues et traiter sans détour les questions sensibles : le foncier, les ressources financières, les conditions de travail des agents territoriaux.»
Par ailleurs, il n’a pas manqué de saluer le parcours de Faly Seck, rappelant son ancienne fonction de directeur de l’Administration générale et de l’équipement au sein du ministère, son mandat de maire de Ross-Béthio, ainsi que sa proximité de promotion avec le chef de l’Etat à l’Ecole nationale d’administration (Ena). «Sa nomination à la présidence du Haut-conseil du dialogue social traduit la haute confiance placée en lui par Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, président de la République, dont il fut le promotionnaire à l’Ecole nationale d’administration.»
Cette rencontre marque une étape importante dans l’articulation entre gouvernance territoriale et climat social. Les trois jours de travaux de cette 44e plénière déboucheront sur des recommandations concrètes destinées à nourrir les arbitrages juridiques et financiers du gouvernement avant l’adoption finale des textes de l’Acte IV.

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