A quelques jours du Mawlid Al Naby, le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, s’est rendu ce vendredi 21 août 2026 à Tivaouane pour sa traditionnelle visite de courtoisie. Accueilli par le Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, le Président a fait le point sur les engagements de l’Etat et sollicité des prières pour le pays. De son côté, le guide religieux a prié pour la réussite de l’Exécutif tout en lançant un appel pressant à la préservation de la paix et au respect des institutions.
Par Cheikh CAMARA – Ce vendredi 21 août 2026, la cité religieuse de Maodo a vibré au rythme de la visite du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, venu effectuer sa traditionnelle visite préalable à la célébration du Gamou (Mawlid Al Naby), prévu le mardi 25 août. Accueilli avec tous les honneurs par le Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, le chef de l’Etat s’est assuré du bon déroulement des préparatifs de cet événement spirituel majeur.
Dans la capitale de la Tidianiyya, le chef de l’Etat a rendu un vibrant hommage à l’héritage de Cheikh Al Seydi El Hadji Malick Sy (Rta) et à son rôle précurseur dans la célébration de la naissance du Prophète Mouhammad (Psl). «C’est une grande fierté pour nous d’être aujourd’hui à Tivaouane. Nous sommes dans un lieu hautement symbolique, la cité de El Hadji Malick Sy, un homme de Dieu qui a tant apporté au Sénégal. Ses descendants veillent aujourd’hui avec dévouement sur ce legs, et c’est une bénédiction pour toute la Nation», a déclaré Bassirou Diomaye Faye, qui a également accompli la prière du vendredi à la Mosquée Serigne Babacar Sy.
Unité, destin commun et projets d’infrastructures
Le Président a salué avec enthousiasme le thème choisi cette année par le khalife : «Ensemble, penser et agir par le verbe de l’Unicité (Tawhid).» Estimant que ce message d’unité et de destin commun résonne particulièrement dans le contexte actuel, le chef de l’Etat a annoncé qu’il suivrait avec attention les travaux et symposiums prévus autour de cette thématique.
Au-delà de la portée spirituelle, cette visite a permis de faire le point sur l’accompagnement de la cité religieuse par la puissance publique. Le chef de l’Etat a réaffirmé sa volonté de doter les cités religieuses d’infrastructures de qualité. Sur le plan de l’accès à l’eau et de l’assainissement, il a souligné que 4000 branchements sociaux avaient été réalisés depuis 2024, auxquels s’ajoutent 2000 nouveaux branchements cette année, soutenus par un renforcement des budgets dédiés.
Appel à la paix et lutte contre la «crise d’autorité»
Formulant des vœux de santé et de longévité à l’endroit du khalife, Bassirou Diomaye Faye a sollicité des prières pour la paix, la stabilité et pour que le gouvernement accomplisse sa mission avec lucidité et hauteur, dans l’intérêt supérieur de la Nation.
En réponse, Serigne Babacar Sy Mansour a rappelé le poids de la charge qui pèse sur les dirigeants, les invitant à agir dans l’intérêt général, avec pardon et mansuétude. Le guide religieux a remercié les autorités pour leur soutien logistique, avant de formuler d’ardentes prières pour la réussite du président de la République et la prospérité du Sénégal.
Soulignant que la paix demeure le «pilier le plus important» pour une Nation, le khalife a toutefois déploré l’émergence d’une «crise d’autorité extrême» dans le pays, appelant solennellement les Sénégalais au respect des institutions et de ceux qui les incarnent. «Président, réew mi yëngu na» («Président, le pays est en mouvement»), a-t-il déclaré, une formule poignante illustrant une Nation traversée par de fortes attentes, des préoccupations vives et de fréquents débats.
Serigne Babacar Sy Mansour a rappelé à Bassirou Diomaye Faye qu’en sa qualité de premier magistrat de la Nation, il se trouve au cœur de toutes les attentions : «Yow la ñépp di tuddu. Yow la ñépp di waxtane» («C’est de toi dont tout le monde parle, c’est sur toi que tous les regards sont posés»). Par ces mots, le guide religieux souligne combien le Président est constamment cité, observé et jugé dans l’espace public. Une telle exposition est inhérente à la fonction présidentielle, mais elle exige, selon le khalife, une grande hauteur de vue. Il a ainsi vivement recommandé au chef de l’Etat de ne pas répondre à chaque attaque et de résister à la tentation de la surenchère ou de la vengeance. «Bul toñ, bul fayu» («Ne fais pas de tort, ne cherche pas à te venger»), a-t-il répété avec insistance. Une exhortation claire à la retenue, à la patience et au dépassement du ressentiment face aux tensions du pouvoir.
Dans le même registre, le sage de Tivaouane a conseillé d’éviter les paroles blessantes et de ne pas se laisser distraire par les attaques désobligeantes. Par ailleurs, le khalife a insisté sur l’importance du discernement et de l’encouragement dans le gouvernement des hommes : «Ku jubal, wax ko ni ko jubal nga. Conseil ko» («Celui qui est sur la bonne voie, dis-le-lui et continue de le conseiller»). Une manière de rappeler que l’exercice de l’autorité ne réside pas uniquement dans la sanction, mais exige également d’accompagner, de conseiller et de valoriser les actes constructifs.