La reddition des comptes franchit une nouvelle étape décisive dans le secteur de l’énergie. A la suite du communiqué du procureur de la République financier près le Pool judiciaire financier (Pjf) sur le dossier Aser-Aee Power Epc, le Directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser), Jean Michel Sène, s’est publiquement réjoui des avancées de l’enquête judiciaire, réaffirmant sa volonté de voir toute la lumière faite sur la gestion des deniers publics. Dans une déclaration ferme, le patron de l’Aser a rappelé ses mises en garde antérieures, usant d’une formule wolof incisive : « Waxoon na ñu leen ko : yuuxu dina jibee fu ñu ko foogee wul ! » (Nous vous l’avions dit : les cris retentiront là où on ne l’attendait pas).
Au cœur du dossier transmis aux enquêteurs figure la dénonciation d’un «modus operandi de prévarication et de détournement de deniers publics». Selon le Directeur général de l’Aser, ce schéma aurait impliqué une seule et même personne servant d’intermédiaire, un établissement bancaire identifié ainsi que plusieurs sociétés espagnoles. Les montants en jeu dans cette affaire atteignent des sommes colossales réparties sur trois contrats majeurs : «Nous avons expliqué le modus operandi de prévarication et de détournement de deniers publics utilisé avec la même banque et plusieurs sociétés espagnoles à travers une seule et même personne : (85 milliards), (50 milliards), ee Power (91 milliards).»
Jean Michel Sène indique s’appuyer sur les conclusions des corps de contrôle de l’Etat, notamment les rapports de la Cour des comptes et de l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop). Il confirme avoir formellement remis aux services d’enquête l’ensemble des pièces administratives, financières et contractuelles susceptibles de corroborer ces soupçons de malversations. En appelant la justice à «aller au bout de sa logique», la direction de l’Aser insiste sur la nécessité d’informer les citoyens sénégalais sur l’utilisation effective des ressources nationales et la gestion des projets destinés au désenclavement énergétique des zones rurales. «Que la justice aille au bout de sa logique, pour que les Sénégalais sachent, in fine, comment leurs deniers ont été dilapidés», conclut M. Sène.
JM Sène : «Que la justice aille au bout de sa logique»
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